Jacopo Robusti à la Galerie de l'Accademia à Venise

Tintoret le Miracle de Saint-Marc délivrant l'esclave
Tintoret le Miracle de Saint-Marc délivrant l'esclave

Tintoret dans les Galeries de l'Accademia


On trouve au Musée de l'Accademia des œuvres de Tintoret illustrant la vie de la Vierge Marie, peintes de 1534 à 1538 pour la Scuola della Carità.

Ainsi que les œuvres relatives à la légende dorée de Saint-Marc.

« Taine l'a dit : pour Tintoret, “un corps n'est pas vivant quand son assiette est immobile” ; le Miracle de saint Marc est le miracle même du mouvement.

Cette figure volante et plongeante, cette scène ardente et réaliste ont été appréciées et décrites en des pages enthousiastes par nos plus grands critiques d'art.

C'est, avec L' Assomption du Titien, et le Repas chez Lévi de P. Véronèse, le plus grand chef-d'œuvre de l'Académie. Qui l'a vu ne peut l'oublier.

Sur la même paroi, nous apparaissent encore Caïn et Abel, Adam et Ève, figures puissantes et vivantes qui réalisent la fameuse formule que le maître avait écrite sur la porte de son Studio : “Le coloris de Titien et le dessin de Michel-Ange”.

Adam et Ève a, en plus, un paysage superbe, grandiose et suggestif extrêmement, dans la partie aérienne duquel on entrevoit sous la forme, en quelque sorte, d'une projection lumineuse, d'une apparition, nos premiers parents, le dos courbé et fuyant, sous la menace fulgurante de l'ange…

Tintoret Le massacre des innocents à la Scuola San Rocco
Tintoret Le massacre des innocents San Rocco
Arrêtez-vous maintenant devant La Femme adultère, placée au milieu d'une salle, sur un chevalet : le sujet est interprété avec une grâce charmante, dans un esprit de modernisme et de familiarité.

Le trio de Jésus, de la femme et du vieillard qui la soutient est tout à fait aimable. Jésus se montre doux dans son pardon, et la femme, il faut le dire, n'a pas l'air désolé, ni très repentant.

C'est une résignée qui se laisse vivre; elle est femme, donc faible.

Qui sait quelles embûches on lui a tendues ! Elle, qui paraît sans malice, pourquoi a-t-elle péché ? Allons, n'y pensons plus !

Remarquablement beau est, ici, le coloris. Coloriste à l'égal des plus grands, Tintoret l'est, sans conteste.

Si, dans ses vastes compositions, qui ont dû subir plus que d'autres une certaine altération, il est des parties qui semblent noires, on ne saurait lui reprocher des contrastes, des taches un peu sombres qui, malgré tout, sont restées transparentes et fluides.

Dans ces tonalités que le temps a poussées un peu à l'excès, il y a encore un fond d'air et de lumière d'où ressortent, en douceur et en force, comme des notes claires, vibrantes, les corps aux chairs blanches et souples, palpitantes de vie.

Le paysage lui-même, dans l'œuvre de Tintoret, garde ces précieuses qualités. »
Léopold Gironde - Souvenirs d'Italie 1907

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Jacopo Robusti Le Tintoret - Wikipédia


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