Mosaïques de la Basilique Saint-Marc à Venise


Des Mosaïques remarquables

Mosaïque de la coupole de Joseph, 1260-1270, Basilique Saint-Marc de Venise
Mosaïque coupole de Joseph
L'une des plus belles choses que peut offrir la Basilique Saint-Marc à ses visiteurs est sans conteste ses mosaïques, et ce tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de celle-ci.

Elles sont d'inspiration fortement byzantine à l'origine et l'on pense même que certains artistes byzantins seraient venus spécialement à Venise pour les réaliser.

Nous n'en avons toutefois pas la preuve et ce d'autant plus que la plupart des mosaïques d'origine de la Basilique ont été remplacées.

Les mosaïques de l'Abside de la Basilique Saint-Marc à Venise
Mosaïques Abside de Saint-Marc
Leur entretien était en effet délicat et la plupart des mosaïques d'origine se dégradaient assez rapidement, entraînant des restaurations quasi-constantes.

C'est ainsi que, plutôt que de restaurer les mosaïques existantes, les Vénitiens, au fur et à mesure, les ont simplement remplacées par de nouvelles mosaïques, représentant de surcroît des scènes correspondant souvent plus aux goûts artistiques et aux thèmes religieux du moment.

La seule mosaïque d'origine sur la façade de Saint-Marc est celle qui représente la translation de la dépouille de Saint-Marc sur un fond qui représente la Basilique vers 1250.

Admiration Extatique !

Mosaïques de l'Atrium du XIIIe siècle de la Basilique Saint-Marc à Venise
Mosaïques Atrium XIIIe
« Ébahissement religieux. Admiration extatique. Frisson en face de l'aspect grandiose. Impressions fantastiques.

Il semble que des voûtes tombe une pluie d'or : c'est la lumière réfléchie par les mosaïques des coupoles qui descend et vous enveloppe de ses nimbes.

De quelle matière sont donc composées ces mosaïques étincelantes, d'où l'or ruisselle, et d'où s'échappent, en rayons lumineux, le carmin, l'émeraude et l'améthyste ?

Tout simplement de petits cubes en verre doré, vermillonné, teintés d'opale, d'azur ou de safran, fabriqués aux verreries de Murano.

Les mosaïques de l'Abside de la Basilique Saint-Marc à Venise
Mosaïques Abside de Saint-Marc
Immense croix grecque, au centre de laquelle s'élève majestueusement la vaste coupole, toute resplendissante de reflets d'or et de vives couleurs impérissables, supportée par quatre massifs piliers, décorés eux-mêmes de manière à charmer le regard.

Là, dans une suave lumière apparaît Jéhovah, apparaît la cour céleste, Chérubins, Séraphins, Vierges et Saints.

Toute l'armée des cieux est là, sous cette coupole, rangée avec ordre, nageant dans l'espace, et montrant en relief les merveilles du Paradis.

Les mosaïques de l'Abside de la Basilique Saint-Marc à Venise
Mosaïques Abside de Saint-Marc
En vérité, l'imagination orientale a reçu un rayon d'en haut lorsqu'elle a choisi les formes circulaires de la coupole, comme représentation, comme image des cieux, dans les monuments destinés au Seigneur des mondes, afin de pouvoir y placer, dans un lointain nébuleux, le trône du Tout-Puissant.

Sur chaque bras de la croix grecque, d'autres coupoles, moindres de dimension, et disposées de manière à rehausser la coupole centrale.

En un mot, un ensemble d'un effet saisissant.

Les mosaïques de l'Abside de la Basilique Saint-Marc à Venise
Mosaïques Abside de Saint-Marc
Mais rentrons dans l'Église. En vérité, l'on croirait pénétrer dans une caverne d'or émaillée de pierres précieuses.

Le soleil, qui tamise sous sa voûte un rayon furtif, fait scintiller d'une étrange manière les fonds d'or et les draperies de couleur.

On dirait que tous les personnages des mosaïques, tout à l'heure endormis, se prennent à vivre, et s'agitent sous le tremblotement du rayon lumineux.

C'est d'une fantasmagorie qui remue l'âme. Les figures s'animent sous le baiser du ciel.

Mosaïques du sol de la Basilique Saint-Marc à Venise, datant du XIIIe siècle
Sol de la Basilique Saint-Marc
Il semble que Dieu parle, et que les légions célestes s'approchent et prennent des poses pour l'écouler.

Il n'est pas jusqu'au Lion de Saint-Marc qui ne paraisse s'agiter et se disposer à rugir. Aussi les Vierges s'écartent, et les processions de saints Martyrs s'avancent hardiment.

Puis, au loin, dans les profondeurs des nues, on dirait que voici venir de blancs fantômes et de rouges spectres, pour ouïr également la voix divine qui va tonner sous la voûte.

Ici et là des éclairs brûlants jaillissent des courbes qu'illumine le rayon de feu. »
Driou - Voyage à Venise 1861


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