Les Chevaux de Saint-Marc


Le Quadrige de Saint-Marc

Les chevaux du quadrige de Saint-Marc par Lysippe de Sicyone, basilique Saint-Marc à Venise
Les chevaux de Saint-Marc
Les chevaux de Saint-Marc sont apparus bien après la troisième construction de la basilique Saint-Marc, et pour cause, ils étaient en fait un trophée de guerre, volé en 1204 par les Vénitiens à Constantinople.

C'est le Doge Enrico Dandolo qui les avait fait envoyer à Venise à l'époque de la quatrième croisade qui avait vu la prise de Constantinople par les Croisés, grâce à l'aide des Vénitiens.

Ces chevaux appartenaient à un quadrige impérial qui proviendrait de l'île de Chio.

Les chevaux du quadrige de Saint-Marc par Lysippe de Sicyone, basilique Saint-Marc à Venise
Les chevaux de Saint-Marc
Ils auraient ensuite été envoyés à Constantinople où ils étaient positionnés sur les hautes tours de l'hippodrome.

Sur leur origine, les avis divergent, certains historiens considèrent qu'ils sont d'origine corinthienne, du IVe ou IIIe siècle avant Jésus Christ.

D'autres indiquent qu'ils ont été faits par Lysippe de Sicyone, sculpteur et bronzier Grec, pour Alexandre le Grand et que Tiridate Ier, roi d'Arménie, les posséda puis en fit présent à Néron, en échange de la couronne qu'il reçut de ses mains.

Les chevaux du quadrige de Saint-Marc par Lysippe de Sicyone, basilique Saint-Marc à Venise
Les chevaux du Musée de Saint-Marc
Après ce don ils auraient figuré aux quatre angles de la statue colossale de Néron, à Rome.

Ils auraient ensuite été transportés par l'Empereur Constantin, à Byzance.

Lors de leur arrivée à Venise, ils furent d'abord stockés à l'Arsenal avant d'être installés en haut de la basilique, dont ils renforcèrent ainsi la symbolique du pouvoir qui y était déjà attachée.

Ils ont en tout cas fait couler beaucoup d'encre quand à leur origine et leur beauté :

Les chevaux du quadrige de Saint-Marc par Lysippe de Sicyone, basilique Saint-Marc à Venise
Les chevaux de Saint-Marc
« Sur la plate-forme et de la niche ouverte semblent s'élancer les coursiers de bronze de Corinthe, verdâtres sous leur vernis d'or qui s'efface, de grandeur naturelle, la crinière coupée droit, le poil hérissé, l'oeil en feu, comme s'ils traînaient encore leur quadrige triomphal.

D'où viennent ces quatre chevaux, magnifique objet d'art, fort bizarre pour une église ?

De Paris, d'abord, où ils ont fait la gloire de l'arc de triomphe du Carrousel ; puis de Constantinople, où ils décoraient l'hippodrome de Constantin jusqu'au XIIIe siècle, au cours duquel les Vénitiens s'en emparèrent ; puis de Rome, de l'arc de triomphe de Trajan, auquel Constantin les avait enlevés, comme Trajan les avait dérobés à la Maison d'Or de Néron, dont ils ornaient le péristyle ; enfin, de Corinthe, qui avait vu le statuaire Lysippe les fondre, et que les Romains en avaient dépouillée. »
Alfred Driou - Voyage à Venise 1861

Les chevaux du quadrige de Saint-Marc par Lysippe de Sicyone, basilique Saint-Marc à Venise
Les chevaux de Saint-Marc
« C'est au-dessus de ce porche, sur la galerie qui fait le tour de l'église, que sont placés, ayant pour socles des piliers antiques, les célèbres chevaux qui ont orné un instant l'arc de triomphe du Carrousel.

Les opinions sont très partagées à leur endroit : les uns veulent que ce soit une œuvre romaine du temps de Néron, transportée à Constantinople au IVe siècle ; d'autres, une œuvre grecque de l'île de Chio, amenée par les ordres de Théodose, au Ve siècle, dans la même ville, où elle décorait l'hippodrome ; et d'autres enfin affirment que ces chevaux sont de la main de Lysippe.

Les chevaux du quadrige de Saint-Marc par Lysippe de Sicyone, basilique Saint-Marc à Venise
Les chevaux de Saint-Marc
Ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils sont antiques, et que l'an 1205, Marino Zeno, qui était podestat à Constantinople pour les Vénitiens, les fit enlever de l'hippodrome et les donna à Venise.

Ces chevaux, de grandeur naturelle, un peu ramassés dans leur encolure, la crinière droite et coupée comme celle des chevaux du Parthénon, peuvent être classés parmi les plus beaux restes de l'antiquité.

Ils sont historiques et vrais, qualité rare ; leur mouvement montre qu'ils étaient attelés à quelque quadrige triomphal.

Leur matière n'est pas moins précieuse que leur forme ; ils sont, dit-on, en airain de Corinthe, dont on voit la patine verdâtre à travers un vernis de dorure écaillé par le temps. »
Th.Gautier - Italia 1855


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Les Chevaux de Bronze de Constantin Ier - Wikipedia