L'Église Santa Maria dei Miracoli - Sainte Marie des Miracles

Église Santa Maria dei Miracoli, Sainte Marie des Miracles à Venise
Santa Maria dei Miracoli
Bijou, chef-d'œuvre, splendeur, écrin, coffret de santal, ange aux ailes blondes, joyau de la Renaissance vénitienne... cette petite église votive a eu droit à tous les superlatifs depuis la fin de sa construction en 1489, et elle les a et les mérite encore amplement.

Tout a commencé en 1408 (ou 1409) lorsqu'un riche marchand, du nom de Francesco Amadi, qui vouait par ailleurs une dévotion entière à la Vierge Marie, fit peindre une icône en son honneur.

Cette icône était en fait, à l'origine, un triptyque, avec, dans sa partie centrale la Vierge Marie tenant l'enfant Jésus dans ses bras et, de chaque côté, Saint-Jacques et Saint-Antoine.

On a longtemps cru que le peintre qui l'avait réalisé était Maître Nicolò, également appelé Niccolo di Pietro mais aussi Nicolò da Venezia.

Des recherches et découvertes récentes permettent aujourd'hui de dire que le véritable auteur de cette icône était en réalité le Vénitien Zanino di Pietro.

Icône miraculeuse de la Vierge Marie de l'église Santa Maria dei Miracoli à Venise
Icône de la Vierge Marie
Ce triptyque de la Vierge était destiné d'abord à l'usage privé de Francesco Amadi, bien avant d'être exposé dans une niche votive, à l'angle de la maison Barozzi, une maison contiguë avec celle d'Amadi à Santa Maria Nova.

Cette niche votive, alors éclairée la nuit, faisait également office d'éclairage public !

Très rapidement l'icône centrale du triptyque devint miraculeuse... des miracles, guérisons et autres bienfaits lui furent immédiatement attribués et elle devint ainsi un objet de dévotion populaire.

Comme l'icône prenait de la valeur en vertu de ses bienfaits croissants, une contestation juridique s'ensuivit entre les familles Amadi et Barozzi sur les droits de propriété de l'icône.

La querelle fut même portée devant les autorités et c'est ainsi, que pour y mettre fin, il fut décidé de construire une chapelle provisoire, en bois, pour que les fidèles puissent vénérer l'icône en toute quiétude.

Plafond à caissons de l'église Santa Maria dei Miracoli, Sainte Marie des Miracles à Venise
Plafond de l'église dei Miracoli
C'est sur l'emplacement même de cette chapelle de bois que fut construite l'église actuelle de Santa Maria dei Miracoli.

Les miracles atteignirent un point culminant le 23 août 1480 lorsqu'un homme du nom de Francesco Bendi, lors d'une dispute particulièrement violente avec sa belle-sœur, essaya de la tuer de plusieurs coups de poignard.

La pauvre femme, agonisante et juste avant de rendre l'âme, se serait alors tournée vers l'endroit où se trouvait l'icône miraculeuse pour implorer la Vierge de venir à son secours.

Retrouvant alors quelques forces, elle put lancer cris et hurlements si atroces que les voisins accoururent aussitôt pour lui venir en aide.

Chaire de l'église Santa Maria dei Miracoli, Sainte Marie des Miracles à Venise
Chaire des Miracoli
Mais quand ils arrivèrent sur les lieux du crime… la victime n'avait plus aucune trace de blessures et ses vêtements étaient intacts !

Et tous de crier évidemment au miracle !!!

Une telle icône aussi miraculeuse méritait bien entendu d'être abritée dans un lieu Saint et consacré, digne d'elle, afin que les fidèles puissent lui rendre l'hommage qu'elle méritait et lui adresser leurs prières pour obtenir en retour ses bienfaits.

La collecte des fonds ne fut pas difficile et ce d'autant plus qu'à la même époque, le Pape Sixte IV, en 1477, avait proclamé officiellement le culte de la Vierge Marie.

De fait, cette petite église fut ainsi dédiée à la Vierge Marie pour deux motifs, le premier pour donner à l'icône un lieu saint à la hauteur de ses miracles, et le second pour répondre simplement à la tendance religieuse et Papale du moment.

Église Santa Maria dei Miracoli Sainte Marie des Miracles à Venise, la façade sur le rio des Miracoli
Église Santa Maria Miracoli
Si bien que le 25 février 1481, Le Pape Sixte IV, donna non seulement son autorisation pour la construction de cette église dédiée à la Vierge Marie, mais promit en plus de délivrer des indulgences (à savoir la rémission temporelle des peines méritées par les péchés) à tous ceux qui auraient fait un don pour aider à la construction de la nouvelle église.

Avec de tels atouts miraculeux, sacrés et financiers à la fois, non seulement l'Église votive de Santa Maria dei Miracoli put être construite rapidement mais elle le fut surtout avec les matériaux les plus riches et raffinés possibles.

La légende veut que les marbres et les pierres ayant servi à la construction et à la décoration de l'église Santa Maria dei Miracoli, seraient des marbres et des pierres restés inutilisés lors de la construction de la Basilique Saint-Marc.

L'église fut achevée en 1489 et c'est dans la nuit du 31 décembre 1489 que l'icône miraculeuse fut placée sur son autel et que l'église fut consacrée.

Page suivante : La Consruction d'un seul homme : Pietro Lombardo


Retour en haut de la page