Scuola Grande San Rocco Venise « Le Péché Originel » de Tintoret


« Le Péché Originel »

(2,65m x 3,70m)
Le Tintoret, Le Péché Originel, à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Le Tintoret, Le Péché Originel
Le récit yahviste de la Genèse (chapitre 2) nous dit :

7 “Yahvé Dieu façonna l'homme, poussière tirée du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie, et l'homme devint un être vivant.”

8 “Yahvé Dieu planta le jardin en Eden, à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait façonné.”


Mais Dieu pose une restriction à ce pouvoir et à cette libre jouissance :

16 “De tous les arbres du jardin tu peux manger, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas ; car le jour où tu en mangeras, tu mourras sûrement.”

La scène du Péché Originel nous montre le moment précis où le couple primordial est sur le point de céder à la tentation de transgresser l'interdiction divine.

Adam et Eve sont nus, assis sous un arbre ; la lumière éclaire le visage et le corps d'Eve qui tend le fruit défendu à Adam dont toute la moitié gauche du corps est déjà dans l'ombre, et dont l'attitude semble traduire l'hésitation et l'angoisse.

L'aiguillon de la curiosité et le vertige de l'angoisse sont présents à l'instant même où ils décident de perdre leur innocence et de défier Dieu ; et cette décision est un acte de la volonté qui amorce la chute : ils sont entrain de perdre leur innocence en prenant conscience de la gravité de leur geste.

L'ombre de la mauvaise conscience envahit le corps d'Adam pendant l'action qui se déroule sous nos yeux.

Désormais ils savent que par la connaissance du bien et du mal, ils seront autonomes et libres, mais entièrement responsables de leurs actes.

Le premier péché est à l'origine de la chute dans un monde hostile où l'insouciance de l'innocence a disparu : à partir de cet instant l'homme est seul juge, mais il devra assumer toutes les conséquences de ses choix.

Ainsi commence l'histoire des hommes, où les justes se sépareront des pécheurs qui choisissent le mal et qui seront punis !

Cette œuvre apparaît bien comme une introduction au programme de décoration de San Rocco illustrant la quête du salut de l'Humanité.

« Le sacrifice d'Isaac »

(2,65m x 3,70m)

Le Tintoret, Le Sacrifice d'Isaac, à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Le Tintoret, Le Sacrifice d'Isaac
« Puis Abraham étendit la main et prit le couteau pour immoler son fils… »
Genèse 22, verset 10

C'est l'affreux moment où Abraham s'apprête à tuer son fils Isaac pour prouver sa foi en Dieu :

Abraham domine la scène de toute sa puissante stature, ayant posé sa main gauche sur les épaules de son fils qu'il maintient plié en deux sur le tas de bois de l'holocauste, quand l'Ange intervient juste à temps pour empêcher le geste de son bras qui tient un couteau.

Telle fut la terrible épreuve de la foi pour un homme qui se trouva dans la situation la plus absurde et la plus cruelle que l'on puisse imaginer :

Dieu lui demandait de sacrifier l'être qu'il aimait le plus au monde, son fils que Dieu lui avait donné !

Le Tintoret semble bien avoir fait la relation entre Abraham, qui était prêt à sacrifier son fils pour l'amour de Dieu, et le Christ qui s'est sacrifié pour l'amour des hommes.

« L'échelle ou La Vision de Jacob »

(6,60m x 2,65m)

Le Tintoret, La Vision de Jacob ou L'échelle de Jacob, à la Scuola Grande San Rocco à Venise
L'échelle de Jacob
Jacob se repose après une longue journée de marche :

Genèse chapitre 28.
“Prenant une des pierres du lieu, il en fit son chevet et se coucha en ce lieu.

Il eut un songe : voilà qu'une échelle était dressée à terre et son sommet touchait le ciel, et voilà que des anges montaient et descendaient.

Et voilà que Yahvé se tenait debout près de lui.”

Jacob est endormi, son bâton de pèlerin à la main et une joue appuyée sur le rocher qu'il a trouvé pour se reposer.

Derrière cet homme qui dort bien inconfortablement dans ce lieu sans nom, s'ouvre la porte du ciel : un immense escalier occupé par des êtres célestes monte à l'infini dans la lumière, jusqu'à la lointaine et minuscule silhouette de Yahvé.

Le Tintoret nous présente l'irruption du surnaturel dans la banalité.

En forçant sur la perspective, il nous donne une vision de l'infini qui sépare l'homme du Dieu omniprésent qui veille sur lui et qui lui offre toujours un moyen de le rejoindre.

Moïse, la Manne | Adoration Bergers, Tentation Christ, Multiplication Pains


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