Le Palais Morosini à Santo Stefano

Le palazzo Morosini à Venise avec son entrée décalée
Le palazzo Morosini avec son entrée décalée
Le palazzo Morosini est situé sur le Campo Santo Stefano de Venise, à deux pas du pont de l'Accademia.

Dans le passé, le Campo Santo Stefano s'est même appelé Campo Morosini, preuve de l'importance pour les Vénitiens de la figure de Francesco Morosini, Général Da Mar, surnommé le Péloponnésiaque ou Péloponésien, et qui fut Doge de Venise d'avril 1688 jusqu'en janvier 1694.

Pour vous donner une idée du caractère militaire de Francesco Morosini, sachez que lors de la bataille de Candie en Crète, la galère de Francesco Morosini avait à sa proue une sculpture représentant un Turc à moitié nu et enchaîné afin que ses ennemis comprennent le sort qui les attendait s'ils étaient capturés.

On peut voir cette sculpture de proue au Museo Storico Navale de Venise.

Les trophées de Morosini sur le portail d'entrée de son palais à Venise
Les trophées de Morosini sur le portail d'entrée
Le palais Morosini date du XVIIe siècle et possède un portail d'entrée situé du côté droit.

C'est Antonio Gaspari qui a été le premier architecte du Palazzo Morosini.

Cette entrée décalée est en fait le résultat de la réunion de deux édifices plus anciens qu'un autre architecte, Gianantonio Selva, a modernisés. Un second portail d'entrée est situé sur le campo Pisani.

Toutes les prises et trophées ramenés par le Doge Francesco Morosini de ses campagnes furent entreposées dans le Palais jusqu'en 1895, date à laquelle elles furent transférées au Musée Civico Correr, après le décès en 1884 de la dernière représentante de la famille, la comtesse Lorenada Morosini Gattenburg.

Sculpture sur la façade arrière du Palais Morosini à Venise, Rio del Santissimo
Sculpture rio del Santissimo
On considère que les trophées ramenés par Morosini de ses campagnes militaires constituent aujourd'hui, en Italie, la plus importante collection d'armes et d'équipements militaires ottomans.

Le buste de Francesco Morosini est toutefois revenu au palazzo Morosini, dans la salle d'armes et c'est une copie en marbre qui se trouve au Museo Civico Correr.

Sur la façade figure une sculpture représentant un trophée en souvenir des nombreuses victoires militaires remportées par Francesco Morosini.

Du côté de la porte d'eau, c'est un hippocampe qui est représenté. Ces sculptures sont l'œuvre de Parodi.

Une visite à l'intérieur du Palazzo Morosini en 1862 par Louise Colet

« J'ai la visite du comte Morosini, qui me propose de me conduire au palais Morosini, habité par la dernière descendante du Péloponésien, qui vieillit là, infirme et seule, entourée de toutes les reliques des glorieux ancêtres.

Le lendemain, le comte vient me chercher en gondole ; par une pluie battante ; nous suivons le grand canal jusqu'au palais Cavalli, tournons à droite dans un petit canal transversal et descendons au palais Morosini par la porte d'eau.

La principale façade de ce palais, où naquit et vécut le Péloponésien, donne sur le Campo San Stefano.

Palazzo Morosini Tête d'homme ornant le portail côté Campo Pisani à Venise
Tête d'homme du portail Campo Pisani
Nous traversons le grand corridor où se dressent les cuirasses et où se groupent les armes de tous les héros de cette illustre famille qui a fourni quatre doges à la république : Michel, Dominique, Marino, et, enfin, le plus célèbre de tous, Francesco Morosini, dit le Péloponésien.

Nous trouvons leurs portraits animés, vivants, dans la galerie des Batailles, que nous traversons au premier étage du palais.

Celui du Péloponésien est superbe, hardi, héroïque ; l'expression de son visage rappelle le grand Condé ; c'est le même éclat des yeux.

Deux femmes, deux reines de la famille des Morosini, sont là, jeunes et souriantes, en compagnie des quatre doges : Constance Morosini reine de Servie, et Tomasine, reine de Hongrie.

Tous les autres tableaux de cette imposante galerie représentent les batailles et les sièges dans lesquels le Péloponésien fut vainqueur.

Voici la prise d'Athènes, où, au-dessus de la mêlée des combattants et de la fumée des batailles, s'élèvent l'Acropole, les Propylées et le Parthénon.

La figure du guerrier rayonne comme celle d'un dieu sur ce fond immortel des marbres grecs.

Nous passons, à gauche dans la salle des Portraits ; là revit toute l'auguste lignée des Morosini : doges, sénateurs, généraux, patriarches et cardinaux ; au-dessous de chaque portrait sont, dans des cadres, les lettres d'honneur et les diplômes sur parchemins accordés à tous ces hommes illustres par la république de Venise et par divers papes.  »
Louise Colet

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