Scuola Grande San Rocco Venise - Tintoret "Le Christ devant Pilate"

C'est ainsi que de 1566 à 1567, Le Tintoret illustrera trois moments-clés de la passion du Christ :

Tintoret « Le Christ devant Pilate »

Le Christ devant Pilate de Tintoret à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Le Christ devant Pilate
(5,15 m x 3,80m)

La haute stature de Jésus qui se tient droit et calme dans son manteau blanc plein de lumière tranche avec un Pilate qui n'ose pas le regarder en face pendant qu'il se lave les mains, tout en prononçant lâchement la sentence attendue impatiemment par la foule sombre derrière le dos de Jésus.

Le Christ accepte dignement la sentence opportuniste et décisive du gouverneur assis en haut de l'escalier de son palais.

Le secrétaire de Pilate écoute attentivement toutes les paroles avant de les noter avec l'empressement et le sérieux d'un bon fonctionnaire !

« Ecce Homo » ou « Le Couronnement d'épines »

Ecce Homo ou le Couronnement d'épines du Tintoret à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Ecce Homo Couronnement d'épines
(2,60 m x 3,90 m)

Également dénommée “Le Couronnement d'épines”, cette toile est placée au-dessus de la porte d'entrée de l'Albergo.

Le calvaire de Jésus a commencé tout de suite après la sentence prononcée par Pilate.

Pilate le remet maintenant à la foule après qu'il eût été flagellé et humilié.

Ecce Homo ou le Couronnement d'épines du Tintoret à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Ecce Homo du Tintoret
Le voici assis sur les marches, le corps épuisé par la souffrance appuyé contre le manteau maculé de son sang, la tête couronnée d'épines et le visage plein d'une tristesse infinie.

La lumière qui vient de la gauche du tableau inonde de reflets colorés l'acier de l'armure du soldat, intensifie les rouges des vêtements de Pilate et de l'homme qui tient le manteau blanc derrière le corps du Christ.

Mais par contraste, cette lumière intensifie aussi la vulnérabilité et la souffrance du corps nu et ensanglanté posé là en face du spectateur, suscitant sa compassion douloureuse.

Tintoret - « La Montée au Calvaire »

(5,15 m x 3,90 m)

Tintoret, la Montée au Calvaire à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Montée au Calvaire
Le cortège des condamnés s'étire sur le sentier sinueux et raide qui mène au Golgotha et qui divise le tableau en deux parties :

La partie inférieure, très sombre, où peinent les deux bandits à demi nus et la corde au cou, portant leurs croix, aidés par des hommes dont les vêtements apportent quelques touches colorées.

L'un d'eux s'est arrêté, pour se reposer ou pour protester, peut-être les deux à la fois ; il regarde l'homme qui aide son compagnon d'infortune à porter cette maudite croix qui lui meurtrit le dos et qui l'écrase.

Ils sont précédés de leurs bourreaux, l'un tire sur la corde pour qu'ils ne traînent pas, l'autre porte un marteau à sa ceinture et marche d'un pas décidé, prêt à accomplir sa tâche.

En suivant le mouvement en zig-zag du sentier, on atteint la partie supérieure en pleine lumière, où la foule désordonnée avance lentement, suivant un homme qui se dresse en brandissant un étendard, le visage levé vers le ciel où s'accumulent de sombres nuages.

Il pourrait annoncer le cortège triomphal des nombreux fidèles à venir, et donner une touche d'espoir à la douleur humaine du Christ.

Ils suivent Simon de Cyrène qui aide le Christ sur le point de s'affaisser sous le poids de la croix.

Un second homme est venu pour aider Jésus à bout de forces, à côté d'eux un cavalier suit attentivement leurs efforts.

Le Tintoret, Le Christ dans la Montée au Calvaire à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Le Christ dans la Montée au Calvaire
Une longue corde est nouée autour du cou de Jésus, mené comme un animal par un garde gigantesque qui ouvre la marche en se retournant, plein de force et d'impatience : nous sommes à la veille d'un jour de fête, le temps passe et le ciel s'assombrit…

C'est ainsi que nous suivons et accompagnons les malheureux condamnés sur le chemin de leur supplice : le mouvement sinueux de notre regard fait de nous des témoins de la marche pénible qui se déroule devant nous.

Mais le drame de la passion du Christ représenté par ces trois œuvres atteint son point culminant avec La Crucifixion, où la question existentielle de la foi est posée dans sa dure réalité par le paradoxe du Dieu incarné qui accepte les pires souffrances humaines et la mort, pour le rachat de l'Humanité.

En trois ans, de 1564 à 1567, Le Tintoret avait peint les vingt-trois toiles de l'Albergo.

La Crucifixion | Tintoret Peintre Officiel


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