Le Palais des Mille et Une Nuits de la Ca' d'Oro à Venise

Un palazzino des Mille et une Nuits

Hans Memling, Crucifixion entre Saints et Donateurs, à la Galerie Franchetti de la Ca' d'Oro à Venise
Hans Memling, à la Ca' d'Oro
« Puis c'est la Cà d'Oro (ou Doro), qui appartient au quatorzième siècle, mais qui est bien l'habitation la plus gracieuse, la plus élégante, la plus aimable qui soit sur tout le Grand Canal.

Les styles arabe, mauresque, sarrasin et gothique s'y confondent et forment, s'il est permis de s'exprimer ainsi, un composite charmant.

Tout y est délicat, pimpant et coquet.

Le Palais de la Ca' d'Oro à Venise en Italie
Le Palais de la Ca' d'Oro
Ses ogives, ses trèfles et ses quatre-feuilles qui s'entrecroisent, ses bas-reliefs, ses médaillons et ses balcons à jour, les entrelacs et les arabesques qui encadrent ses fenêtres et courent le long des frises, les colonnettes qui soutiennent ses galeries et celles qui ourlent les encoignures, tout cela est d'un goût exquis et d'un ravissant aspect.

C'est un palazzino des Mille et une Nuits ; un abri, un asile, une retraite comme en peuvent rêver les amoureux de l'art ; en un mot, une petite merveille de l'écrin de Calendario.

La Cà d'Oro, après avoir abrité une famille illustre, était devenue dans ces temps derniers la propriété de Mademoiselle Taglioni (et de quatre !), qui collectionne les palais vénitiens comme les amateurs collectionnent les vieux pots et les numismates les gros sous.

Mais la célèbre danseuse s'en est dessaisie en faveur du banquier Errera.

Vittore Carpaccio, Dormition de la Vierge à la Galerie Franchetti Ca' d'Oro à Venise en Italie
Carpaccio, Dormition de la Vierge
La puissance de l'or a ainsi remplacé celle des charmes. »
Henry Havard - Amsterdam et Venise 1876

« L'un des plus remarquables des palais de l'époque ogivale, la Ca' d'Oro, se distingue par une richesse d'ornementation tout à fait exceptionnelle.

Mais c'est à tort qu'on voudrait faire remonter l'ensemble de cette construction à 1310 ; le seul portique du rez-de-chaussée appartient à cette époque.

Quant aux loggie des étages supérieurs, il est bien facile de reconnaître à la finesse et au caractère de leur architecture qu'elles sont moins âgées d'un demi-siècle au moins.

Les mosaïques de la cour du Palais de la Ca' d'Oro à Venise en Italie
Les mosaïques de la cour
Évidemment aussi les fenêtres du premier étage procèdent de la Porta della Carta, et pour moi je ne vois rien d'impossible à ce que celte partie de la Ca' Oro soit l'œuvre de Bartolomeo Buono.

Ce beau palais appartient aujourd'hui à madame Taglioni. »
Adolphe Lance - Excursion en Italie 1859

« La Ca' d'Oro, jeu divin de la pierre et de l'air. »
Gabriele d'Annunzio - Le Feu

Ça d'Oro, maison d'aubépine

Le Palais de la Ca' d'Oro à Venise en Italie
Le Palais de la Ca' d'Oro
« Regardez la Ça d'Oro, maison d'aubépine.

Pouvait-on rien imaginer de plus heureux que de la border d'un découpage de pierre qui pendît à l'envers dans le canal, comme du point à la rose ?

Valeurs opposées, couleurs brillantes, riches dessins, jeux de clartés, c'est tout l'orgueil de ces illustres façades, que la patine même du temps, les faisant plus belles à mesure qu'elles deviennent plus caduques, harmonise de la même façon que les vieux tableaux des maîtres. »
Adrien Mithouard - Les marches de l'Occident Venise 1910

L'eau et l'air s'encadrent dans ses colonnes

« Ils s'attardèrent, dans la Ca d'Oro, à regarder l'eau et l'air s'encadrer dans les colonnes.

Le Palais de la Ca' d'Oro à Venise en Italie
Le Palais de la Ca' d'Oro
Il lui fit remarquer les précieuses mosaïques de l'escalier, différentes à chaque degré, et qu'on perçoit en marchant, comme le petit pied nu de la chèvre connaît le grain et les dessins du sable.

Devant le saint Sébastien de Mantegna, dans cette Maison d'Or, ils contemplèrent la tête pâmée de douleur, la bouche qui grince et sourit, tandis que les longues flèches font, dans le corps admirable, un dur lacet intérieur.

— Voyez-vous, — disait Antoine Arnault, à voix basse, avec une politesse triste, cette expression du visage, cette convulsion extasiée, c'est la volupté... »
Anna de Noailles - La domination 1905

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