La Fête de la Madonna la Salute à Venise

La Chasse aux Semeurs de Peste !

La très belle mosaïque de marbres de couleurs de l'église de la Madona de la Salute à Venise
La mosaïque centrale
Près de l'église Bonaventura, des savants français furent accusés d'être des semeurs de peste parce qu'ils étaient en possession de quelques ampoules, et furent conduits de force auprès des inspecteurs de la santé.

En fait les ampoules ne contenaient que de l'eau forte, et les accusés étaient des chimistes !

Après de tels faits, Le 2 août 1630, les Provveditori alla Sanità (les inspecteurs responsables de la santé publique) publient une déclaration intitulée « Contro gli untori a Venezia ».

Cette déclaration « Contre les semeurs de peste à Venise » se situe justement dans le cadre d'un climat de suspicion engendré par la peur.

Communion et prière en se plaçant au centre de la mosaïque sacrée de l'église de la Madona de la Salute à Venise
Prière au centre de la mosaïque sacrée
Les inspecteurs voulaient calmer la méfiance populaire en proclamant que les étrangers résidant à Venise seraient désormais obligés d'avoir un billet spécial d'enregistrement.

Et le cas des Untori (des semeurs de peste) fut évoqué en ces termes :
« Au cas où des personnes suffisamment perverses, voudraient contaminer volontairement la cité avec des intentions diaboliques en utilisant des poudres et des emplâtres, le Pouvoir public déclare officiellement, à tous et en tous lieux, qu'il faut les arrêter, les poursuivre en justice et les punir sévèrement.

Et, quand ces scélérats seront reconnus coupables, ceux qui les ont dénoncés recevront 500 ducats de récompense saisis sur leurs biens ou, à défaut, prélevés sur le trésor du Pouvoir. »

Mais Venise était déjà contaminée depuis longtemps, et les semeurs de peste ne changeaient plus grand-chose !

24000 Vénitiens pris de Panique Quittent leur ville en Août 1630

Détail du lustre qui se trouve au centre de la coupole de l'église de la Madona de la Salute à Venise
Lustre au centre de la coupole
En août la panique fut telle, que près de 24 000 Vénitiens avaient fui la ville en quelques jours pour se réfugier à la campagne, obligeant la République à réagir en rappelant les nobles à leur devoir de ne pas déserter leurs charges ou leurs magistratures !

Car toutes les mesures qui avaient été déjà prises pendant la peste de 1575-1577 devaient être maintenues, toutes les forces devaient être réunies et tous les moyens devaient être mobilisés pour faire face à ce nouveau fléau.

Et la raison repris rapidement le dessus, alors qu'il y avait déjà une moyenne de 1 000 morts par mois.

Les inspecteurs responsables de la santé publique (les Provveditori) prirent alors d'importantes décisions, en prévision d'une recrudescence de l'épidémie.

1630 : La Peste est à Venise | La Lutte contre la Peste


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