La Fête de la Madonna la Salute à Venise

Juillet 1630 : La Peste est à Venise

L'icône de la Vierge noire au-dessus du maître autel dans l'église de la Madonna de la Salute à Venise
L'icône de la Vierge noire de la Salute
Si bien qu'en ce mois de juillet 1630, sans que les rats des navires en fussent directement la cause, un premier cas de peste se déclarait à Venise sur le Campo Santa Agnese : le menuisier Giovanni Maria Tirinello avait été contaminé en allant travailler sur l'île de San Clemente, où l'ambassadeur du Duc de Mantoue et ses serviteurs venaient de mourir de la peste.

Telle est la version la plus connue, et la plus répandue.

Mais un compte-rendu écrit à l'époque par un médecin, Cecilio Fuoli, nous apprend que dès le printemps 1630, il y avait déjà eu un débat sur la nature de l'épidémie qui se répandait à Venise.

Les Vénitiens lors de la fête de la Madonna della Salute à Venise
Les Vénitiens à la fête de la Salute
On avait convoqué 36 médecins, afin qu'ils donnent leur diagnostic écrit et signé devant le notaire Benedetto Leoni ; et que son oncle le médecin-conseil Giambattista Fuoli, ainsi qu'un pharmacien étaient les seuls à affirmer clairement qu'il s'agissait de la peste !

Sur les 36 médecins choisis pour cette consultation, 28 ont affirmé officiellement qu'il n'y avait ni peste, ni cas suspect de peste ; ce qui, selon l'auteur, révélait une incroyable cécité due aux rivalités professionnelles, et à la primauté des intérêts économiques sur la terrible réalité des cas observés quotidiennement.

Et il relate que le protomedico Giambattista Fuoli, qui avait soutenu sa thèse avec conviction durant la séance, s'est fait réprimander par un inspecteur de la santé publique lui conseillant : « D'être plus prudent quand il avance des opinions préjudiciables au commerce privé et public, à l'économie et à la liberté de la Patrie. »

Les prières des Vénitiens lors de la fête de la Madona de la Salute à Venise
Prières des Vénitiens
Note e-Venise : Le protomedico était un médecin qui dépendait directement des inspecteurs responsables de la santé publique à Venise, auxquels il donnait un avis médical et scientifique sur les problèmes sanitaires qui se présentaient à eux. Cecilio et Giambattista Fuoli ont exercé cette charge pendant, et après la peste de 1630-31.

Ce refus de reconnaître la vérité a sans doute retardé les mesures de précaution sanitaire nécessaires qui avaient déjà montré leur utilité lors de la grande peste de 1575-1577.

Et quand la population de Venise apprit finalement qu'il s'agissait de la peste, l'émotion fut telle qu'il y eut des réactions de peur incontrôlée.

Origines de la Fête | La Chasse aux Semeurs de Peste



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