Le Pont du Rialto à Venise, Une prouesse technique dont Michel Ange serait le père

Certains disent que les plans du futur Pont du Rialto, élaborés par Michel Ange en 1529, auraient servi de base à ceux d'Antonio Da Ponte.

Gondole sur le Grand Canal de Venise devant le pont du Rialto
Gondole sur le Grand Canal de Venise devant le pont du Rialto
Comme ces plans ont disparu il est bien difficile de le confirmer.

Toutefois il convient de remarquer que le Da Ponte a réussi ici une véritable prouesse architecturale et technique en concevant de façon remarquablement ingénieuse son pont du Rialto.

Imaginez les contraintes de poids de ce pont qui possède trois voies de passage piétonnier, deux lignes de boutiques (24 en tout).

Un pont construit tout en pierre et marbre d'Istrie avec une arche unique de 28 mètres de portée et située à 7 mètres 50 au-dessus de l'eau, le tout bâti sur 12000 pilotis !

Le Pont du Rialto de Da Ponte a de plus réussi à concilier toutes les exigences du Sénat en étant à la fois fonctionnel et relativement beau comme la Sérénissime le souhaitait.

C'est un pont résolument fonctionnel avec ses trois voies piétonnières car, tandis que l'axe central sur lequel ouvrent les boutiques est encombré par les clients des commerçants, les deux voies latérales permettent de le franchir plus rapidement.

Pigeon chez lui sur la rampe du Pont du Rialto à Venise
Pigeon sur la rampe du Pont du Rialto
Il est aussi fonctionnel avec son double portique supérieur qui permet de passer aisément d'un côté à l'autre du pont pour admirer le Grand Canal, un élément important lorsque l'on sait l'importance du pont pour les Vénitiens qui s'y rassemblent les jours de fêtes pour admirer les cortèges de bateaux dont le fameux Bucentaure.

Fonctionnel encore avec sa courbure qui permet de le franchir sans trop de fatigue malgré la hauteur de son arche à 7 mètres 50.

Enfin, c'est un beau pont, avec son allure imposante et originale qui réussit à joindre de façon harmonieuse les deux rives sans gêner leur architecture, le pont du Rialto s'intégrant parfaitement dans le paysage urbain de cette partie du Grand Canal.

Ce dernier point, la beauté, était également un élément d'importance pour la République de Venise qui voulait que son pont du Rialto, prouesse technique, puisse également être admiré par les Vénitiens et les pays étrangers pour sa beauté.

Le Pont du Rialto représentait donc également un enjeu politique pour la Cité.

En ce qui concerne la décoration du pont, beaucoup s'accordent à dire que les sculptures n'en sont pas l'élément le plus impressionnant.

On y trouve toutefois les symboles principaux de Venise à savoir d'un côté du pont du Rialto, Saint-Marc et Saint Théodore, les deux protecteurs de la République, et de l'autre côté du pont, L'Annonciation.

Une très agréable perspective

« Le grand canal, qui sépare Venise en deux parties presque égales, n'a que le seul pont du Rialto, qui se trouve justement au centre de la ville, dans le quartier qui lui donne le nom.

Ce pont n'avait été que de bois jusqu'à l'année 1587, que la République, sous le doge Pascal Cigogne, le fit bâtir de pierre.

Ce pont soutient sur ses deux penchants un rang de boutiques de chaque côté, dont la charpente, faite en berceau et couverte de plomb, fait un agréable effet.

Gondole sur le Grand Canal de Venise, devant le pont du Rialto
Gondole devant le pont du Rialto
Il reste entre ce double rang de boutiques un passage assez large dans le milieu, où l'on monte par plusieurs marches jusqu'au haut, qui est percé des deux côtés en forme d'un portique, d'où l'on découvre à droite et à gauche le grand canal et qui donne aussi entrée dans les deux corridors qui règnent d'un bout à l'autre de chaque côté du pont derrière les deux rangs de boutiques.

Une grosse balustrade soutenue par une belle corniche fait l'appui des deux corridors, et le tout est d'une architecture si régulière, que ce pont fait une très agréable perspective sur le grand canal.

Les registres publics font foi que la République dépensa deux cent cinquante mille ducats à cet ouvrage, que pendant deux ans toutes les places de la ville furent remplies des matériaux, et que tous les tailleurs de pierre furent employés à y travailler sans relâche, quoique ce pont toutefois ne paraisse pas d'abord une entreprise de si grande importance. »
A. De Saint Didier - La ville et la République de Venise

Une ou trois arches ? | Une Rue Suspendue


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