Offices Florence Botticelli : « Annonciation de Cestello » Page 2

Page précédente | Les Photos

Sandro Botticelli, Annonciation de Cestello, 1489, Galerie Offices Uffizi, Florence Italie
Annonciation de Cestello
Au-delà de la beauté du tableau, de la simplicité émouvante que Botticelli a si superbement traduite, le cadre symbolique des Annonciations est également présent.

Pourtant Botticelli, comme Léonard de Vinci, se libère ici de certaines contraintes architecturales imposées jusque-là dans les Annonciations.

La colonne centrale, élément architectural, souvent fort ouvragé, qui sépare toujours Gabriel de Marie a disparu ici.

C’est le montant de la porte-fenêtre qui devient cette colonne, là même où leurs mains se rejoignent presque.

Le paysage du fond, représentant le Paradis terrestre est présent ainsi que le jardin clos, « l’hortus conclusus ».

La référence à l’arrivée du Christ est symbolisée par le jeune et très grand chêne, l’arbre de vie qui se détache bien haut sur le ciel.

Sandro Botticelli, Annonciation de Cestello, 1489, Galerie Offices Uffizi, Florence Italie
Annonciation de Cestello
On notera aussi que le paysage, le jardin clos et l’arbre de vie sont positionnés juste au-dessus de l’Ange Gabriel : Botticelli délimite ainsi la sphère céleste qui s’arrête au montant droit de la porte-fenêtre et occupe toute la moitié gauche du tableau.

La Vierge en serait-elle exclue ?

Non, et c’est ici que le génie, l’intelligence de Botticelli s’exprime.

La façon dont les bras de l’Ange et de Marie sont alignés, leurs paumes de mains face à face, fait penser à la fresque de la création d’Adam de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, où le doigt de Dieu est proche de celui d’Adam, leurs bras dans le prolongement l’un de l’autre.

Sandro Botticelli, Annonciation de Cestello, 1489, Galerie Offices Uffizi, Florence Italie
Annonciation de Cestello
On interprète le doigt de Dieu comme symbolisant la vie et l’âme insufflées au premier homme.

Et si Michel-Ange, qui a peint la Sixtine près de vingt ans plus tard, avait repris cette idée de Botticelli ?

Comme il avait repris de Masaccio et Masolino les éléments du Paradis terrestre et de la chute (Chapelle Brancacci à l’église dei Carmini de Florence), toujours pour la chapelle Sixtine.

Le mouvement de rencontre des mains de Gabriel et de Marie évoque si bien la connexion entre eux, entre les deux mondes céleste et terrestre, entre Dieu et celle qui, jusqu’au Concile de Trente, était montrée à la fois comme fille du Père, mère du Fils et épouse de l’Esprit.

Sandro Botticelli, Annonciation de Cestello, 1489, Galerie Offices Uffizi, Florence Italie
Annonciation de Cestello
Cette Annonciation fut peinte entre 1489 et 1490 pour une nouvelle chapelle des moines de Cestello.

Son commanditaire, Benedetto di Ser Giovanni Guardi finança à la fois la construction de la chapelle, pour 50 ducats, mais également le retable de l’Annonciation pour lequel Botticelli reçut 30 ducats.

La commande aurait été passée à Botticelli aux alentours du 14 mai 1489 et la chapelle fut consacrée le 26 juin 1490, ce qui permet de situer la date de réalisation de cette Annonciation.

Merci Monsieur Guardi !

Page précédente | Les Photos


Retour en haut de la page