Offices Florence Botticelli : « Annonciation San Martino alla Scala »

Fresque murale 2m43 x 5m55 (1481)

Les Photos

Sandro Botticelli, Annonciation de San Martino alla Scala, galerie des Offices, Uffizi à Florence Italie
Botticelli Annonciation S.Martino
Calme, sérénité, dignité, recueillement, cette très grande fresque dite de l’Annonciation de San Martino alla Scala de Botticelli, est pleine de poésie et de douceur tout en étant particulièrement puissante, imposante de par sa simplicité et la pureté qui en émane.

Les masses de la composition de cette Annonciation avec d’une part l’Ange Gabriel en train d’atterrir sur la gauche et d’autre part, la Vierge, dans sa chambre à l’extrême droite, sont parfaitement contrebalancées.

Sandro Botticelli, Annonciation de San Martino alla Scala, galerie des Offices, Uffizi à Florence Italie
Botticelli Annonciation S.Martino
Ce traitement visuel permet de relier de manière puissante l’Ange à la Vierge, pourtant si éloignés l’un de l’autre.

Mais cet éloignement ne les empêche pas de se répondre, bien au contraire, ils sont ici fortement liés l’un à l’autre.

Les rayons célestes qui accompagnent Gabriel à sa gauche se transforment en rayons de paroles divines dont le plus long d’entre eux arrive directement sur le visage de Marie.

Des paroles que l’on voit, que l’on entend résonner sous la voûte de la chambre de la Vierge.

Sandro Botticelli, Annonciation de San Martino alla Scala, galerie des Offices, Uffizi à Florence Italie
Botticelli Annonciation S.Martino
Elle est là, humble, soumise, la tête inclinée, une main sur la poitrine et l’autre entr’ouverte.

Elle reçoit ce message divin, elle accepte d’être celle qui donnera naissance au fils de Dieu, comme dans la prophétie d’Isaïe (7,14) qu’elle était en train de lire dans la Bible ouverte sur son lutrin, Isaïe qui prophétise qu’une jeune fille enfantera un fils.

Toute son humilité, son acceptation, est amplifiée par les plis calmes et ordonnés de ses vêtements qui la montrent se penchant en avant devant l’envoyé de Dieu.

L'Ange Gabriel est aussi dans une position d’humilité, il domine, certes, il est le messager divin, mais son attitude, ses mains croisées sur sa poitrine, ses jambes légèrement pliées, ses pieds réunis, son visage calme et serein, la douceur qui émane de lui ajoute à la sensation de recueillement, à l’importance de l’instant de l’évènement qui les transcende tous les deux.

Sandro Botticelli, Annonciation de San Martino alla Scala, galerie des Offices, Uffizi à Florence Italie
Botticelli Annonciation S.Martino
À cet instant, Gabriel vient juste d'arriver, les paroles divines se répandent dans l’air alors qu’il est encore suspendu dans son vol, ses pieds ne touchent pas encore le sol, ses vêtements sont encore gonflés d’air, ses ailes sont encore vibrantes, la branche de lys courbée par son vol.

Et pourtant il paraît si calme, si léger, le temps du monde terrestre s’est arrêté, nous sommes entrés dans le divin, dans le mystère de la foi.

La profondeur du sentiment qui émerge de cette Annonciation en fait l’une des plus belles œuvres de Botticelli, l’une des plus puissantes.

Sandro Botticelli, Annonciation de San Martino alla Scala, galerie des Offices, Uffizi à Florence Italie
Botticelli Annonciation S.Martino
Picturalement parlant, les plis des vêtements de l’Ange Gabriel rappellent ceux du vent Zéphyr dans le tableau de la « Naissance de Vénus ».

Sur un plan historique, cette fresque, aujourd’hui détachée du mur où elle se trouvait à l’origine, fut réalisée par Botticelli entre avril et mai 1481 pour décorer le mur de la tombe de Cione Pollini.

Cione di Lapo de’ Pollini, sous le contrôle de l’hôpital de Santa Maria della Scala de Sienne, fit construire un hôpital à Florence en 1313. Lequel hôpital prit le nom de Santa Maria della Scala, le même que celui de Sienne. En 1479, on y soigna de nombreux malades victimes de l’épidémie de peste qui s'abattit durement cette année-là sur les Florentins.

Sandro Botticelli, Annonciation de San Martino alla Scala, galerie des Offices, Uffizi à Florence Italie
Botticelli Annonciation S.Martino
La maison et l’atelier de Botticelli étaient tout proches de cet hôpital, situé à l’angle de la via della Scala et de la via degli Oricellari, et c’est donc très naturellement qu’on lui confia le soin de peindre cette Annonciation.

En 1529, le monastère de San Martino fut rasé parce qu’il se situait à un emplacement où devait passer le mur d'enceinte que Florence, alors assiégée, était en train de construire pour se protéger.

Les religieuses du monastère de San Martino furent alors autorisées à se réfugier dans l’hôpital Santa Maria della Scala.

En 1531, on leur fit don des bâtiments pour en faire leur nouveau monastère, sous réserve de laisser en l’état toutes les peintures et inscriptions qui s’y trouvaient.

Sandro Botticelli, Annonciation de San Martino alla Scala, galerie des Offices, Uffizi à Florence Italie
Botticelli Annonciation S.Martino
Cette condition fut un obstacle majeur à la construction de l’église qu’elles désiraient faire ériger à cet endroit.

Ce n’est qu’en 1623 qu’un compromis fut trouvé pour permettre la création de l’église de San Martino. De fait, un atrium-loggia fut construit devant l’église, lequel cacha en partie la fresque de Botticelli.

Ouverte aux vents et à l’humidité, les intempéries risquaient de détruire cette Annonciation, on détacha la fresque de son mur en 1920.

Elle fut restaurée en 1952 et exposée ensuite à la galerie des Offices de Florence où vous pouvez l’admirer aujourd’hui.

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