Les quatre lions de marbre Grec devant l'entrée de l'Arsenal de Venise
Les quatre lions de l'Arsenal
Quatre lions trônent à l'entrée de l'Arsenal de Venise, quelque chose d'évident ici où le Saint Patron de Venise est Saint-Marc, représenté symboliquement par un lion.

Mais ce qui est intéressant à propos de ces lions vénitiens, c'est leur histoire, pas du tout vénitienne, mais grecque !

Ce sont en effet des lions antiques, “volés” à la Grèce par les Vénitiens, des prises de guerre, et pas toujours effectuées dans des conditions glorieuses pour Venise.

Le Lion du Pirée, Prise de Guerre de Francesco Morosini

Le lion qui se trouvait à l'entrée du port du Pirée à Athènes et qui fut ramené par Francesco Morosini à Venise pour être installé devant l'entrée de l'Arsenal de Venise
Le Lion du Pirée
Le plus connu de ces quatre lions est celui qui se situe, seul, à gauche de la porte d'entrée de l'Arsenal de Venise.

C'est l'un de ceux qui furent ramenés à Venise en 1687 par le Péloponnésiaque, le futur Doge Francesco Morosini.

Morosini était en charge des troupes qui devaient reconquérir le Péloponnèse aux Turcs.

Entre autres places à prendre se trouvait le Parthénon d'Athènes où étaient retranchés les Turcs.

Qu'à cela ne tienne, monument symbole de la civilisation antique ou non, Francesco Morosini fit pointer un mortier sur le mont Mouseion, l'actuelle colline de Philopappos, et tirer sur l'Acropole et son Parthénon.

Et c'est ainsi qu'advint la tragédie, le 26 septembre 1687. Le résultat fut en effet non seulement immédiat mais également catastrophique.

La tête du lion qui se trouvait à l'entrée du port du Pirée à Athènes et qui fut ramené par Francesco Morosini à Venise pour être installé devant l'entrée de l'Arsenal de Venise
Le Lion du port du Pirée
En effet, les Turcs en plus de s'être installés dans le Parthénon, y avaient également entreposé leur dépôt de munitions, poudre et autres explosifs.

Et comme de juste, Morosini ayant visé droit sur le Parthénon, sans aucune considération pour ces vieilles pierres, le boulet du mortier toucha directement la poudrière !

La “cella” et la frise du Parthénon furent presque entièrement détruites. Sur le côté Nord du Parthénon, huit colonnes furent également rasées ainsi que six autres sur le côté sud, entablements inclus !

Mais Francesco Morosini n'en resta pas là.

Il tenait en effet à rapporter des trophées de guerre à Venise comme l'avait fait avant lui le Doge Enrico Dandolo, en volant les chevaux de la Basilique Saint-Marc à Constantinople.

Morosini, avide de gloire et de gloriole demanda donc à ses troupes, d'enlever du fronton Ouest du temple du Parthénon, le chariot d'Athéna et son attelage.

Demander à des soldats de jouer les archéologues et les tailleurs de pierre ne pouvait conduire qu'à une seconde catastrophe.

Inscription à l'honneur de Francesco Morosini sur le socle du Lion du Pirée en marbre Pentélique
Inscription Socle du Lion
Athéna et l'attelage tombèrent au cours de l'opération et furent réduits à l'état de cailloux.

Qu'à cela ne tienne, Morosini ayant déjà détruit au mortier ou à la main une bonne partie du Parthénon, se rabattit sur le Lion du Port du Pirée, un port dénommé justement, et pour cause, “le Port du Lion”.

Et c'est justement le lion qui se trouvait au Port du Pirée, le grand lion qui se trouve à gauche de l'entrée de l'Arsenal, que Morosini ramena à Venise.

Au pied du lion du Pirée on peut d'ailleurs lire :

“FRANCISCVS MAVROCENVS PELOPO
-NESIACVS EXPVGNATIS ATHENIS MAR
La tête du Lion du Pirée en marbre pentélique de l'Arsenal de Venise
La tête du Lion du Pirée
MOREA LEONVM SIMVLACRA TRIVM
PHALI MANV è PIRAEO DIREPTA IN
PATRIAM TRANSTVLIT FVTVRA VENE
TI LEONIS QVAE FVERANT MINERVAE
ATTICAE ORNAMENTA”


Ce lion en marbre pentélique (montagne au Nord d'Athènes d'où fut extrait, dès 570 avant Jésus Christ, du marbre blanc de grande qualité, dont le marbre ayant servi à la construction des différents monuments de l'Acropole ainsi que d'autres monuments et temples à Athènes) est particulièrement grand et imposant.

Certaines sources indiquent qu'il aurait servi de fontaine publique.

Cette théorie souffre néanmoins du fait que lorsque l'on examine attentivement ce lion, on ne voit pas du tout par où l'eau pouvait sortir, la bouche est en effet bien close, sans aucun trou, même rebouché, tout comme le reste du corps du lion.

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