Inscriptions runiques sur l'épaule et la jambe droite du lion de l'Arsenal de Venise ramené par Francesco Morosini et qui était au port du Pirée à Athènes
Inscriptions Runiques

Un lion ésotérique aux Caractères Runiques

Et la pauvre bête, avant d'avoir été arrachée à son soleil athénien fut également “tatouée” de lettres à première vue incompréhensibles, ce qui l'a transformée en sus en énigme, et ce pendant plusieurs siècles.

Le célèbre dessinateur vénitien, Hugo Pratt, père de Corto Maltese, le considérait comme le plus ancien symbole de Saint-Marc.

Sans ses attributs (le livre entre les pattes avec l'inscription “Pax tibi Marce, Evangelista meus” - “Que la Paix soit avec toi, Marc mon Évangéliste”), et de plus “importé” à Venise… Mais bon…

Et dans le livre d'Hugo Pratt, “Fable de Venise”, Corto Maltese part à la recherche d'une émeraude magique et rend une petite visite au grand lion de l'Arsenal avec ses fameux caractères runiques, histoire de résoudre l'énigme et de trouver le trésor !

Inscriptions runiques sur l'épaule gauche du lion de l'Arsenal de Venise
Inscriptions runiques épaule gauche
On sait en effet depuis 1800, grâce un suédois du nom d'Akerblad que les caractères gravés sur le lion étaient de type runique.

Mais c'est un Danois, C.G. Rafn qui réussit à les traduire entièrement en 1856.

Il comprit en effet que l'inscription contenait à la fois des caractères runiques mais également un idiome Danois antique, fortement diffusé dans l'Europe du Nord.

De plus la langue utilisée sur le corps du lion était, en 1856, encore plus ou moins en usage dans certaines landes perdues de l'Islande.

Le lion de la Voie Sacrée Lepsina qui reliait Athènes à éleusis devant l'entrée de l'Arsenal de Venise
Le lion de la Voie Sacrée Lepsina
Cette inscription mystérieuse à l'origine avait en fait été réalisée par des soldats mercenaires d'origine scandinave qui avaient servi sous les ordres de l'empereur de Byzance, Michel IV le Paphlagonien, pour réprimer une révolte contre une levée d'impôts dans la ville d'Athènes en 1040.

Ces guerriers vikings de la garde varange des empereurs byzantins, conduits par leur chef, Harold le Grand, voulurent donc tout simplement laisser la trace de leur passage au Pirée en gravant sur le lion le récit de leurs exploits militaires !

Sur l'épaule gauche du lion, la traduction de l'inscription datant donc de l'an 1040, donne ce qui suit  :

Le lion de la Voie Sacrée Lepsina qui reliait Athènes à Éleusis devant l'entrée de l'Arsenal de Venise
Le lion de la Voie Sacrée Lepsina
“Haakon avec Ulf, Asmund et Orn, ont conquis ce port. Ces hommes reçurent de fortes sommes à cause de la révolte du peuple Grec.

Dalk a été captif dans des pays lointains. Egil faisait la guerre en Roumanie et en Arménie avec Ragnar.”


Et sur la hanche droite du lion, l'inscription est tout simplement… une signature !

“Sur l'ordre de Harold le Grand, Asmund grava ces runes avec l'aide de Asgeir, Thorleif, Thord et Ivard, bien que les Grecs s'y opposèrent.”

Le Lion de la Voie Sacrée

Le second lion, non plus assis mais couché, à droite de l'entrée de l'Arsenal, provient quant à lui de la Voie Sacrée, la voie Lepsina, qui reliait Athènes à Éleusis.

Inscription sur le socle du Lion de la Voie Sacrée Lepsinas devant l'entrée de l'Arsenal de Venise
Inscriptions Lion de Lepsinas
Il fut également ramené à Venise en 1687 par Francesco Morosini.

Le Sénat vénitien fit graver sur le socle du lion, en 1692, l'inscription suivante :

“ATHENIENSIA VENETÆ CLASSIS
TROPHŒA VENETI SENATVS
DECRETO IN NAVALIS
VESTIBVLO CONSTITVTA”


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