Michel-Ange La Sainte-Famille, le « Tondo Doni », Hommage à la sculpture hellénique


Michel-Ange Buonarroti, Sainte-Famille Tondo Doni, 1507, Galerie Offices Uffizi, Florence Italie
Michel-Ange - Sainte-Famille
Jésus naquit à Bethléem parce que ses parents étaient partis se faire recenser dans leur pays d’origine passé sous domination romaine : de ce point de vue, Michel-Ange ne commettait aucun anachronisme en représentant la Vierge Marie vêtue à l’antique, assise sur les talons suivant le style et l’élégance des nombreuses statues de « Vénus accroupie ».

De même, le visage du Père apparaît sous les traits graves et dignes d’un ancien sage, pendant que Marie et Saint-Jean Baptiste tournent leurs têtes vers Jésus en suivant le même angle, à la manière de la statue d’Alexandre mourant.

Michel-Ange Buonarroti, Sainte-Famille Tondo Doni, 1507, Galerie Offices Uffizi, Florence Italie
Michel-Ange - Sainte-Famille
D’avril à novembre 1506, Michel-Ange était à Florence où il pouvait retravailler et utiliser ses dessins effectués à Rome d’après des modèles antiques, c’est le cas du croquis de la tête d’Alexandre mourant exposé à la Casa Buonarroti.

Michel-Ange et l’idéal de beauté grec

Les cinq nus masculins figurant à l’arrière-plan représentent l’idéal de beauté des anciens Grecs.

Leurs musculatures harmonieuses et leurs attitudes sont très proches de celles des statues antiques découvertes au milieu des ruines romaines durant les travaux entrepris à l’époque de la renaissance.

Michel-Ange Buonarroti, Sainte-Famille Tondo Doni, 1507, Galerie Offices Uffizi, Florence Italie
Michel-Ange - Sainte-Famille
À commencer par les deux qui sont à gauche, le premier est assis, l’autre est appuyé contre le mur.

Le premier a les jambes croisées au niveau des chevilles, le buste et la tête tournés vers la droite, à la manière de l’Apollon assis, mis à part qu’il a les bras cachés par son voisin.

Celui-ci est debout, la main droite cachée derrière ses fesses appuyées contre le mur, il regarde à droite, en levant le bras gauche dont la moitié est cachée par le bras de Marie ; mis à part la position inversée des jambes, son attitude évoque celle de l’Apollon du Belvédère (avec son avant-bras et sa main, amputés).

Michel-Ange et la statue du Laocoon

Michel-Ange Buonarroti, Sainte-Famille Tondo Doni, 1507, Galerie Offices Uffizi, Florence Italie
Michel-Ange - Nus Antiques
Quant à ceux qui sont à droite, celui qui tire le drap d’un coup sec en regardant les deux autres se retrouve dans une posture quasi identique à celle de la statue de « Laocoon et ses fils » découverte à Rome en janvier 1506.

Michel-Ange fut l’un des premiers à voir cette statue de Laocoon dont le bras droit était manquant.

Il sculpta même le bras manquant qui fut adapté à la statue, jusqu'à ce que l'on retrouve l'original plusieurs centaines d'années plus tard.

Laocoon et ses fils au Musée du Vatican à Rome
Groupe de Laocoon et ses fils au Vatican
L’homme qui tire le drap a l’air fâché contre le couple de jeunes gens qui tournent la tête vers lui ; l’un d’eux est debout, en appui sur une seule jambe, le buste déhanché, très détendu, avec un bras replié sur celui de son compagnon et l’autre bras mollement appuyé sur le dos de la main… une attitude d’abandon quasi identique à celle de l’Éros funéraire, qui a la tête légèrement inclinée et tournée dans l’autre sens.

Ces hommes nus sont installés tout au long d’un muret en arc de cercle.

En les présentant sur la courbure de ce muret, Michel Ange a suivi une perspective courbe qui donne de la profondeur à son tableau circulaire, et du volume à ses personnages.

Un effet de relief déjà souligné par la ligne grise du premier muret qui passe devant Saint-Jean-Baptiste, ce qui donne cette présence phénoménale aux personnages de la Sainte Famille.

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