Mariano Fortuny invente la première cabine de régie

Mariano Fortuny y Madrazo (1871-1949)


Tissu Mariano Fortuny “de Medici”
Tissu Mariano Fortuny “de Medici”
En fait, Mariano Fortuny avait inventé la première cabine de régie, où l'éclairagiste disposait d'une série d'interrupteurs qui commandaient les lumières lui permettant d'envoyer de là tous les effets lumineux désirés.

Chacun d'eux portant un numéro ; en les notant selon un ordre donné, il était alors facile de reproduire exactement l'effet voulu à chaque spectacle.

Et pour la première fois la scène était surplombée d'une double passerelle où les machinistes pouvaient installer les sources lumineuses ; il y avait aussi un mécanisme permettant de monter ou d'abaisser la scène.

Ce jour-là, avec un magnifique rideau de scène en velours à l'italienne fabriqué selon sa propre technique, Mariano Fortuny révéla aussi ses talents dans l'impression des tissus.

Le succès international de la coupole - La reforme théâtrale de Mariano Fortuny en Allemagne

La Walkyrie : l'étreinte de Siegmund et Sieglinde, toile de Mariano Fortuny de 1928
La Walkyrie : l'étreinte de Siegmund et Sieglinde
L'empereur allemand Guillaume II avait envoyé le directeur du théâtre de Wiesbaden à Paris, afin qu'il visite l'atelier de Mariano.

Et, par l'intermédiaire de Max Reinhardt alors directeur du Künstler Theater de Berlin, la société allemande AEG prend rapidement contact avec lui pour commercialiser son système d'éclairage indirect.

La Beleuchtung System Fortuny GmbH (Système d'éclairage Fortuny SA) dont le siège était à Berlin fut fondée dès mai 1906 avec la participation de Mariano Fortuny.

Celui-ci suivit de près l'installation de la coupole au théâtre Kroll de Berlin en 1908.

Celle du Künstler Theater ne fut pas construite par AEG, parce que l'impatient Max Reinhardt décida de la réaliser lui-même.

D'autres coupoles furent ensuite installées en Allemagne à Charlottenbourg, Dresden, Duisbourg, Karlsruhe, Königsberg, Stuttgart, Wiesbaden par AEG qui, dès le début avait voulu éliminer toute trace de dilettantisme artisanal dans la construction de ses coupoles.

Coupole Mariano Fortuny du théâtre Kroll de Berlin en 1910
Coupole Mariano Fortuny
Tous ces perfectionnements techniques, apportés par AEG pour des raisons de production, déplurent à Mariano Fortuny, artiste et démiurge, qui voyait son invention transformée en simple produit industriel soumis aux lois du marché.

Et les membres de la société AEG avaient fini par l'ennuyer, si bien qu'il ne participa plus directement aux travaux.

L'expérience allemande le mit face à une réalité qui le dépassait.

Hugo Von Hoffmanstahl, qu'il avait rencontré à Berlin en 1907, n'appréciait pas non plus l'immixtion du mercantilisme dans l'art.

Peu de temps après leur rencontre, il lui avait demandé de s'occuper de la scénographie de sa seconde électre. Mais le projet n'aboutit pas.

Projet de construction d'un théâtre en plein air sur l'Esplanade des Invalides a Paris

Mariano Fortuny souhaitait ardemment pouvoir réaliser un jour son “œuvre d'art totale” avec un théâtre équipé de sa coupole et de son système d'éclairage, dont il réaliserait les décors, et confectionnerait les costumes avec ses propres étoffes.

Mariano Fortuny “Répétition à la Scala de Milan”
Répétition à la Scala de Milan
L'occasion de présenter cette belle unité au public averti est sur le point d'aboutir en 1907, quand il fonde avec son grand ami Gabriele d'Annunzio, en association avec l'architecte Hess, une société pour la construction et l'exploitation d'un théâtre en plein air sur l'Esplanade des Invalides à Paris.

Il s'agit du “Théâtre des Fêtes”, où les œuvres de d'Annunzio seraient jouées en priorité, conformément au désir de celui-ci de promouvoir la littérature latine.

Les fonds étaient garantis en partie par les protagonistes, mais aussi par le baron Rothschild et par le sénateur Deutsch de la Meurthe.

Au moment de signer l'acte de constitution de la société, Gabriele d'Annunzio était parti vers Arcachon avec sa dernière conquête, sans prévenir personne ! Encore un projet raté avec d'Annunzio.

Même si les deux amis s'aimaient et s'estimaient beaucoup, ils n'ont pourtant jamais réussi à réaliser un projet artistique en commun.

Gabriele d'Annunzio avait su apprécier le merveilleux travail de Mariano Fortuny, et ne manqua pas d'en parler dans son roman intitulé “Forse che si, forse che no”.

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Liens sur les lieux et personnages cités dans cette page :

Guillaume II d'Allemagne - Wikipédia
Max Reinhardt - Wikipédia
Hugo Von Hofmannsthal - Wikipédia
Gabriele D'Annunzio - Wikipédia
Deutsch de la Meurthe - Wikipédia



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