Giorgio Zorzi Baffo - (1694-1768)

Gorgio Zorzi Baffo par Michèle Teysseyre
Gorgio Zorzi Baffo

Poèmes Luxurieux de la Venise du XVIIIe par Michèle Teysseyre

Ce livre présente les meilleurs poèmes de Giorgio Baffo, présentés et illustrés par Michèle Teysseyre.

Comme le dit Michèle Teysseyre dans sa présentation de Baffo :

« Baffo aime le sexe avec entrain, candeur et gourmandise :

celle d'un enfant pris en flagrant délit, les doigts barbouillés de crème et la bouche rougie de confiture ; sans honte, ni crainte d'être puni, si ce n'est “d'indigestion”, c'est-à-dire de désagréments vénériens

Pour goûter pleinement la poésie de Baffo, sa verdeur, sa truculence, et même son obscénité, c'est dans la langue originale qu'il faut s'efforcer de le lire ; car, à l'instar de la cuisine ou du vin, certaines particularités locales perdent en goût sitôt retirées de leur contexte :

comme les sarde in saor ou le bianco bon pris au comptoir d'une osteria, les sonorités rondes, un peu zézéyantes du dialecte vénitien semblent tranchées dans la chair même de la ville :

“farse menar l'osello” ou “un culo fatto a mappamonda” relèvent d'une gouaille bien difficile à traduire!

Gorgio Zorzi Baffo par Michèle Teysseyre
Gorgio Zorzi Baffo
Le dialecte vénitien — qui est aussi la langue dans laquelle Goldoni écrivit ses comédies — est à lui seul une jouissance, un prélude au festin des sens et des mots auquel Baffo nous invite et auquel j'ai tenté de donner en images le plus juste écho. »
Michèle Teysseyre

Que rajouter quand tout est si bien dit ?

Sinon de vous procurer au plus vite ce livre succulent qui résume presque à lui seul l'esprit de ce XVIIIe siècle vénitien, si bien représenté également en ses excès par Giacomo Casanova.

Poèmes luxurieux de la Venise du XVIIIe
Baffo illustré par Michèle Teysseyre :
Poèmes luxurieux de la Venise du XVIIIe

Voici ci-dessous l'un des poèmes de Giorgio Zorzi Baffo, contenu dans le livre de Michèle Teysseyre, il s'intitule :

Éloge de la Moniche

Gorgio Zorzi Baffo par Michèle Teysseyre
Gorgio Zorzi Baffo
« Chère Moniche qui, entre deux colonnes,
Est mise là, ainsi qu'un chapiteau,
Pour coupole tu as deux grosses fesses
Et le trou du cul, au-dessus, est ton ciel.

Parce que t'adorent toutes les personnes,
Tu te tiens couverte d'un voile blanc,
Et si quelqu'un te le soulève, et te montre,
Victime sur ton autel tombe tout oiseau.

Tu me sembles le bois sacré de Diane ;
À l'entrée est une paire de grosses moustaches,
Qui conduisent à l'arche de la manne.

Nuit et jour tu opères de grands miracles,
Car l'eau que fait jaillir ta fontaine
Donne la vie aux morts et l'esprit aux couillons. »
Giorgio Zorzi Baffo

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