Lord Byron, ses poésies sur Venise

Lord Byron poésies venise
Lord Byron
Lord Byron a écrit de nombreuses poésies sur Venise, poésies en vers ou en prose mais toujours magnifiques.

Celles du Chant Quatrième (Quatrième Chant de Childe Harold) sont particulièrement belles.

J'étais dans Venise...

« J'étais dans Venise, sur le Pont des Soupirs,
un palais d'un coté et une prison de l'autre ;
j'en voyais les monuments s'élever du sein des vagues,
comme par la baguette d'un enchanteur.

Des milliers d'années étendent autour de moi leurs ailes sombres,
et une gloire mourante sourit sur ces temps éloignés,
où plus d'une contrée sujette admirait les monuments de marbre du lion ailé,
lorsque Venise; assise dans sa gloire, avait placé son trône sur ses cent îles ! »
Lord Byron - Quatrième Chant (4-1) de “Childe Harold”

Une Cybèle Maritime

« Elle semble une Cybèle maritime,
sortie toute fraîche de l'Océan,
et se montrant avec sa tiare d'orgueilleuses tours,
aune distance aérienne,
pleine de majesté dans sa démarche,
souveraine des eaux et de leurs puissances : et telle jadis fut Venise.

Ses filles avaient pour douaires les dépouilles des nations,
et l'inépuisable Orient versait dans son sein,
en pluies brillantes, son or et ses pierreries.

Elle portait la robe de pourpre et les monarques assistaient à ses fêtes,
et il leur semblait que leur puissance en était accrue. »
Lord Byron - Quatrième Chant (4-2) de “Childe Harold”

Le Gondolier Muet Rame en Silence

« Les échos de Venise ne répètent plus les vers du Tasse,
et le gondolier muet rame en silence.

Ses palais s'écroulent sur le rivage,
et la musique maintenant n'y frappe plus incessamment l'oreille.

Ses jours de gloire sont passés,
mais cependant Venise est encore belle.

Les empires tombent, les arts dégénèrent,
mais la nature ne meurt jamais;
elle n'a pas oublié toutefois combien Venise jadis lui fut chère,
ce séjour agréable de tous les plaisirs,
le paradis de la terre, le masque de l'Italie ! »
Lord Byron - Quatrième Chant (4-3) de “Childe Harold”

La Cité sans Doge

« Mais pour nous elle a un charme plus grand que son nom dans l'histoire,
et son long cortège d'illustres ombres, dont les formes indécises planent tristement sur la puissance évanouie de la cité sans doge.

C'est un trophée qui ne périra point avec le Rialto Shylok, le Maure et Pierre ne peuvent être ni oubliés ni détruits par le temps.

Ce sont là les clefs de la voûte !

Et quand tout serait renversé,
le rivage solitaire serait bientôt repeuplé pour nous. »
Lord Byron - Quatrième Chant (4-4) de “Childe Harold”

L'Adriatique Pleure son époux

« L'Adriatique, veuve de ses enfans et de ses héros, pleure son époux :
son mariage annuel ne se renouvelle plus aujourd'hui.

Le Bucentaure abandonné dépérit sur la grève,
ornement négligé de son triste veuvage !

Saint-Marc cependant voit encore son Lion
au même lieu qu'il occupait autrefois;
mais c'est en dérision de son pouvoir flétri,
sur cette place orgueilleuse où un empereur se montra en suppliant,
où des rois exprimaient leur admiration et leur envie,
lorsque Venise était une reine éclatante et riche d'une dot sans égale. »
Lord Byron - Quatrième Chant (4-11) de “Childe Harold”

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