La Chapelle d'Or ou Chapelle San Tarasio

La chapelle d'Or de San Zaccaria à Venise
La chapelle d'Or de San Zaccaria à Venise
De là, on accède à la Capella San Tarasio ou Chapelle Dorée.

C’était le presbytère de l'ancienne église, devenu ensuite abside.

La chapelle d'Or est construite en forme d’ogive, et elle remonte à la première moitié du XVe siècle.

D’importantes fresques ornent la cuvette absidale et sa voûte, peintes par Andrea Del Castagno (1442).

Sur l’autel et sur les côtés, les trois superbes polyptiques en bois sculpté et marqueté.

Ils sont l'œuvre du marqueteur Ludovico Da Forli (1443) et ils abritent les peintures de Vivarini (1420-1484) et de son collaborateur régulier Giovanni d’Allemagna (mort à Venise en 1450) :

Chapelle d'Or - Le Polyptique de La Vierge
Chapelle d'Or - Le Polyptique de La Vierge
- A gauche, le Polyptique de Sainte Sabine.

- Sur l’autel, le Polyptique de La Vierge.

Le panneau central occupé par La Vierge à l’Enfant a été peint par Stefano di Sant’Agnese en 1385, soit 58 ans avant tout le reste.

Cette œuvre, travail de sculpture et de peinture à la fois, est une pure merveille.

Chapelle d'Or - Le Polyptique de La Vierge
Chapelle d'Or - Le Polyptique de La Vierge
Cette magnifique œuvre, composition complexe où s'entremêlent les personnages, resplendit par la finesse et la beauté de sa réalisation.

Les sculptures sur bois sont peintes, comme l'étaient d'ailleurs à l'origine la quasi-totalité des sculptures religieuses.

La différence est qu'ici, leur état de conservation est parfait, ce qui nous permet d'admirer ce bijou d'art absolument unique.

On peut voir ainsi à quel point les artistes vénitiens de l'époque pouvaient être considérés comme faisant partie des plus grands d'Europe.

- A droite, le Polyptique du Corpus Christi.

- Au pied de l’autel, une magnifique mosaïque du XIIe siècle redécouverte récemment.

Crypte inondée de San Zaccaria où sont inhumés huit Doges de Venise
Crypte inondée de San Zaccaria où sont inhumés huit Doges de Venise


La Crypte où reposent huit des plus anciens Doges de Venise

Sous la Chapelle Dorée se trouve la Crypte, témoin de la première église, on y accède par un petit escalier.

Là, entre le IXe et le XIIe siècle, furent enterrés huit des premiers Doges de Venise… Ils sont maintenant sous l’eau ! (De quelques centimètres à un mètre selon les maréees.)

La construction en style gothique fut juxtaposée à cette très ancienne partie.

Lorsque l'on accède à l'entrée de cette crypte, presque toujours inondée, on ne peut qu'être ému en contemplant ce lieu, en pensant à ces Doges qui reposent sous cette eau, à toute la signification de ce lieu.

On a un peu le sentiment d'être hors du temps, il s'est ici arrêté.

Mosaïques de la Crypte de San Zaccaria
Mosaïques Crypte San Zaccaria
Le sol de la crypte est formé d'une mosaïque assez élaborée comme vous pouvez le voir sur la photographie.


Antonio Gambello est chargé de la reconstruction de San Zaccaria en 1458.

Avant de se voir confier la reconstruction de l'église en 1458, Antonio Gambello avait déjà eu l'occasion, dix huit ans plus tôt, de reconstruire l'abside en style gothique fleuri.

Si les trois nefs de l'église de San Zaccaria s’inspirent de la tradition monacale vénitienne, par contre Antonio Gambello s’inspira probablement de l’église typiquement française de Cluny quand il dessina le chœur de San Zaccaria.

L'église se compose en effet d'un déambulatoire qui suit le périmètre du chœur en passant devant quatre chapelles semi circulaires, ce qui n’existe dans aucune autre église vénitienne !

Mosaïques chapelle d'Or de San Zaccaria
Mosaïques chapelle d'Or de San Zaccaria
Autre originalité : la juxtaposition près du chœur, des deux arcades, l’une de style gothique et l’autre de style renaissance, à l’effet esthétique pourtant très réussi !

La construction, qui devait durer des années, fit qu'Antonio Gambello fut nommé "proto", à savoir salarié permanent, pour mener à bien son projet.

En 1458, Gambello soumit une maquette en bois de son projet d'église à l'approbation du couvent de San Zaccaria.

Avant de mourir (1481), Gambello eut le temps de terminer la majeure partie de l’extrémité Est, ainsi que les colonnes élancées, dont les socles et les chapiteaux furent sculptés par le sculpteur Giovanni Buora.

Intérieur de l'église de San Zaccaria à Venise
Intérieur de l'église de San Zaccaria à Venise
Il aurait également remanié le dessin des ordres inférieur et supérieur de la façade.

Mauro Coducci prend la succession de Gambello

Après le décès d'Antonio Gambello, Mauro Coducci, soutenu par les humanistes Pietro Donà et Lorenzo Loredan, fut chargé de poursuivre les travaux, l’église San Zaccaria était déjà à moitié construite.

San Zaccaria était sa troisième église et est également l'une de ses plus grandes réussites.

Il a en effet réussi à y marier les styles Gothique et Renaissance.

On était en effet à ce moment là en pleine période de transition entre les deux styles.

Si le plan ainsi que la structure de l'église de San Zaccaria sont bien d'Antonio Gambello, Mauro Coducci a réussi à en sublimer les espaces mais également à embellir la façade en utilisant admirablement des registres de colonnades superposées.

La façade de l'église San Zaccaria est coiffée d'une lunette en hémicycle qui lui donne toute son originalité ainsi qu'une certaine sobriété.

Plan de l'église San Zaccaria à Venise
Plan de l'église San Zaccaria à Venise
Mauro Codussi était né à Lenna, près de Bergame en 1440. Il s'était installé à Venise en 1469.

Il mena à bien cette deuxième phase de construction de 1483 à 1491.

L'église San Zaccaria a été consacrée en 1543.

C'est donc au total un ensemble plutôt complexe, fait de "morceaux" rajoutés, reconstruits au cours des siècles qui constitue l'église dans sa version actuelle.

San Zaccaria donne ainsi l'impression d'un quasi dédoublement d'une église dans l'autre, comme vous pouvez le voir sur le plan ci-contre.

Mais malgré ces constructions et reconstructions, l'église de San Zaccaria est néanmoins l'une des plus belles églises de Venise.

En 1862, l'écrivain Louise Colet entrait dans l'église :
« J'entre dans la nef ; elle surprend et charme par le singulier mélange des styles ogival et lombard ; les colonnes droites et les corniches carrées se marient aux arceaux gothiques ; les règles de l'architecture protestent, mais les yeux sont ravis comme on l'est de certains visages de femmes, en qui la physionomie remplace l'incorrection des lignes.

Le choeur a quatre autels disposés en demi-cercle. »

Origine | Bellini


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