Les Colonnes de la Piazzetta - Saint-Marc et Saint Théodore

Colonne de Saint Théodore à Saint-Marc
Piazzetta - Statue de Saint Théodore

Saint Théodore ou Saint Georges, un Saint “composite” !

Sur la colonne de gauche, celle en granit rose, se trouve une statue représentant officiellement Saint Théodore, les pieds sur un dragon pour les uns, sur un crocodile pour les autres.

Cette statue fut érigée en haut de sa colonne en 1329 mais sa composition est des plus surprenante et tient du puzzle !

Car cette statue de Saint Théodore en train de transpercer un dragon est en fait une statue de Saint Georges que les Vénitiens avaient ramené de Grèce.

Toutefois, certains experts pensent que tout en étant grecque, cette statue serait représentative de l'art Romain de l'époque d'Hadrien, au premier siècle de notre ère.

La tête de Saint Théodore est de plus différente du reste de la statue, qui était bien à l'origine un Saint Georges.

Cette tête proviendrait de l'île grecque de Paros et pourrait avoir été celle de Mithridate, le Roi de Pontus (ou Le Pont), une ancienne région du Nord de l'Asie Mineure sur la Mer Noire.

De plus, la statue, hors la tête, n'était pas totalement complète et on y aurait ajouté d'autres “pièces” qui sont dans le style de la sculpture lombarde de la première moitié du XVe siècle.

Bref, notre Saint Théodore a tout du Saint Georges mais ce n'est pas grave puisque c'est juste une affaire de foi !

Ne cherchez pas l'erreur sur nos photographies, la statue que vous y voyez est bien entière, étant donné que c'est une copie de l'original qui est conservé dans le Palais Doges, à l'abri des intempéries.

Le Lion de Saint-Marc sur sa colonne de la piazzetta
Concours d'animaux ailés sur la Piazzetta Saint-Marc

Dans les griffes du Lion de Saint-Marc

Si Saint Théodore ou Saint Georges est déjà une énigme, il en est presque de même pour le Lion de Saint-Marc juché au haut de la seconde colonne de granit gris, celle qui est située du côté du Palais Doges.

C'est en tout cas un Saint Lion qui est très peu poli avec Saint Théodore, puisqu'il lui tourne totalement le dos.

Y aurait-il un conflit entre les deux Saints protecteurs de Venise ?

On pense qu'il s'agissait à l'origine non pas d'un lion mais d'une chimère.

L'animal est en bronze et daterait du IVe siècle.

Son origine serait étrusque ou encore Perse, de l'époque Sassanide.

D'autres experts pensent qu'il s'agirait d'une chimère d'origine chinoise à laquelle on aurait rajouté par la suite une paire d'ailes pour qu'elle puisse symboliser le Lion Ailé de Saint-Marc.

Ce qui est certain, c'est que tout comme le Saint protecteur de l'autre colonne, il a fallu aussi “bricoler” cette statue à l'aide d'éléments d'origines différentes pour lui donner sa forme définitive.

Colonnes de la Piazzetta, le lion de Saint-Marc
Colonnes de la Piazzetta, le lion de Saint-Marc
Ce serait ainsi l'explication du fait que le livre, habituellement présenté “debout” et devant le lion, avec sa patte posée sur le haut du livre, soit ici posé “dessous”, les griffes du lion étant bien enfoncées dans le livre.

Ce lion ailé de bronze s'envola jusque Paris en 1797, lorsque Napoléon Bonaparte pilla les trésors artistiques de Venise suite à son occupation militaire.

Ce ne fut qu'en 1815 que le lion repris sa place sur sa colonne et l'on sait de plus qu'il perdit en route son livre, sans doute volé à Paris.

Le lion resta la patte en l'air quelques années avant qu'on ne lui fabrique un nouveau livre pour qu'il y enfonce ses griffes.

Enfin, d'après Louise Colet citée ci-dessous, notre lion aurait aussi perdu ses yeux ! Mais nous n'avons pas trouvé confirmation de ce fait dans les divers documents qui nous ont servi à rédiger cet article.

« Les deux énormes colonnes portant dans l'air la statue de saint Théodore et le lion ailé de saint Marc.

Autrefois deux gros diamants formaient ses yeux ; il soutenait entre ses griffes les évangiles d'or où scintillaient les pierreries.

Les orbites sont restées vides et fauves ; un livre de pierre remplace le livre éblouissant ; des spoliateurs inconnus possèdent les dépouilles du lion détrôné. »
Louise Colet - L'Italie des italiens 1862

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