Le David de Michel-Ange à l'Accademia de Florence : Un Berger Vigilant

Michel-Ange Buonarroti, David, statue en marbre, 1501-1504, Galerie de l'Accademia à Florence Italie
Michel-Ange David
David lui montra qu’il n’était pas qu’un simple petit pâtre, mais un berger vigilant risquant sa vie pour défendre son troupeau, à la manière dont un roi protège son peuple :

« Quand ton serviteur faisait paître le petit bétail de son père et que venait un lion ou un ours qui emportait une brebis du troupeau, je partais à sa poursuite, je le frappais et je lui arrachais sa proie de la gueule, et s’il se dressait contre moi, je le saisissais par la crinière et le frappais à mort. »
Os AT - 1 Sam 17.33

Il acheva de le rassurer, en évoquant l’aide de Dieu :

Michel-Ange Buonarroti, David, statue en marbre, 1501-1504, Galerie de l'Accademia à Florence Italie
Michel-Ange David
« Yahvé, qui m’a sauvé de la griffe du lion et de la griffe de l’ours, me sauvera, lui, de la main de ce Philistin. »
Os AT - 1 Sam 17.37

Saül accepta donc de l’envoyer au combat, il lui donna ses armes et le fit revêtir de sa cuirasse et de son casque de bronze. Un attirail bien trop encombrant pour David, qui dit à Saül :

« Je ne puis marcher avec tout cela, car je ne suis pas entraîné. »
Os AT - 1 Sam 17.39

Armé d’une simple fronde et de son bâton de berger

David est donc parti au combat dans sa tenue habituelle, armé d’une simple fronde et de son bâton de berger …de quoi susciter la colère et le mépris de son adversaire qui lui promit d’abandonner son cadavre aux animaux sauvages.

Michel-Ange Buonarroti, David, statue en marbre, 1501-1504, Galerie de l'Accademia à Florence Italie
Michel-Ange David
David ne perdit pas courage et lui répondit qu’il combattait au nom du Dieu des bataillons d’Israël :

« Aujourd’hui même, Yahvé te livrera entre mes mains ; je t’abattrai et j’enlèverai ta tête de dessus toi [...] Et toute cette assemblée saura que ce n’est ni par le glaive ni par l’épée que Yahvé donne la victoire… »
Os AT - 1 Sam 17.46-47

On connaît la suite : David a saisi sa fronde et a lancé une pierre qui frappa Goliath à la tête avec une telle force qu’elle lui a perforé le front, et celui-ci s’était effondré face contre terre, abattu d’un seul coup.

« David courut, et, debout sur le Philistin, il lui prit son glaive, le tira du fourreau, et lui coupa la tête. »
Os AT - 1 Sam 17.51

Donatello, David, Sculpture Bronze doré, 1440, Musée du Bargello à Florence Italie
Donatello, David

La statue de bronze de Donatello

La statue de bronze de Donatello est la parfaite illustration de cet instant mémorable : l’adolescent est vainqueur, debout, l’épée à la main, un pied négligemment posé sur la grosse tête de Goliath.

Cette statue avait été commandée par Cosme l’ancien de Médicis en l’honneur du jeune héros, pour rappeler que l’astuce et le courage soutenu par la foi pouvaient vaincre un puissant ennemi.

Après le bannissement des Médicis en 1494, les insurgés l’avaient confisquée et déménagée de leur palais pour l’installer dans la cour du palais de la Signoria (où siégeait le gouvernement républicain), en guise de symbole réconfortant pour Florence alors menacée par de puissants voisins.

Ces troubles politiques et ces luttes fratricides étaient causés par le prédicateur dominicain Savonarole.

Les choses s’étaient calmées après son excommunication par le Pape Alexandre IV et son exécution sur la place de la Signoria en 1498.

L'élu de Dieu - Symbole Florentin


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