La Vie Politique à Venise


Le Doge Andrea Gritti par Le Titien
Le Doge Andrea Gritti par Le Titien
Venise a eu pendant des siècles l'un des systèmes politiques les plus novateurs et des plus modernes par rapport à l'ensemble de l'Europe.

Novateur et moderne à une époque où, pour accéder au pouvoir, le moyen le plus courant était la force ou encore l'hérédité et non un système électif.

Ainsi, pendant que les voisins de Venise étaient dirigés par des Princes, des Rois et des Sultans, Venise était gouvernée par des Ducs élus, les fameux Doges de la République.

C'est cette originalité politique républicaine qui a permis à Venise de traverser autant de siècles tout en conservant son indépendance.

Venise, petite cité d'à peine sept kilomètres sur quatre, a pu ainsi tenir tête à des empires d'Orient, mais aussi d'Occident qui ont pourtant tout tenté pour la détruire et l'annexer.

Stabilité Politique et Développement Économique

Le système politique de Venise lui a procuré une véritable stabilité pendant que les autres pays d'Europe connaissaient divisions et guerres fratricides.

Cette originalité politique s'est donc aussi traduite en terme de richesses au plan économique.

Les échanges commerciaux ont en effet besoin d'une certaine stabilité et d'un environnement sécurisé pour pouvoir se développer harmonieusement.

Un peuple de Citoyens

Le Doge Nicolo Da Ponte 1582
Le Doge Nicolo Da Ponte 1582
Mais pour comprendre comment un tel système politique électif a pu réussir, il faut aussi comprendre la mentalité des Vénitiens.

Depuis l'origine, les Vénètes avaient dû affronter de nombreux périls externes.

Or, en étant une cité de taille aussi réduite face aux multiples et souvent féroces envahisseurs, la seule solution était l'unité de tout le peuple, du plus pauvre au plus riche.

C'est cette notion d'unité, le fait que le "particulier", l'individu était tout entier capable de se sacrifier pour le bien de la Cité, qui a fondé le système politique de Venise.

La notion d'égalité des citoyens de la Cité pour la Cité, est en effet la base de la République de Venise.

Certes, on distinguait d'un côté les nobles, composés des premières grandes familles fondatrices de la Cité de Venise, et de l'autre le peuple. Et seuls les nobles étaient électeurs et avaient donc le droit de choisir le Doge.

Pour autant, les lois de la République étaient aussi sévères pour un noble qui avait porté préjudice à un homme du peuple qu'entre hommes du peuple ou entre nobles eux-mêmes.

Doge de Venise : Vanitas Vanitatum
Doge de Venise : Vanitas Vanitatum !
Et l'on voit ici toute l'importance de cette égalité juridique entre les citoyens de Venise.

C'est elle qui permettra à la cité de conserver son unité pendant des siècles et de faire en sorte qu'en toute occasion, les citoyens étaient capables de se sacrifier pour la République lorsqu'elle était en danger.

Cette République savait protéger ses citoyens en temps de paix, cela valait la peine qu'ils se battent pour elle lorsqu'elle était menacée !

Certes, cette démocratie limitée aux seuls nobles nous paraît bien éloignée de nos démocraties modernes.

Mais ce système, replacé dans son époque était en fait totalement… révolutionnaire !

Mort aux Traîtres et à la Corruption !

De plus, tout le système politique, l'empilement des pouvoirs principaux et secondaires, était conçu pour éviter la corruption et le favoritisme.

Bien sûr il y eut à Venise des cas d'abus de pouvoir parmi certains Doges, mais beaucoup d'entre eux le payèrent chèrement de leur vie, car la République était particulièrement sévère vis-à-vis de ceux qui la trahissaient.

Ce système, que certains ont encensé et d'autres, critiqué, a en tout cas réussi à se maintenir avec succès depuis l'origine de la Cité jusqu'à la perte de son indépendance en 1797 lorsque Napoléon Bonaparte y mit fin brutalement, soit pendant un peu plus de mille ans, une longévité unique dans toute l'histoire politique de l'Europe !


Retour en haut de la page