Venise et la Guerre


Vue de Venise - Ancienne Gravure
Vue de Venise - Ancienne Gravure
Les guerres et leurs exactions ont été en grande partie à l'origine de la fondation de Venise.

En 452, les Huns, avec Attila à leur tête dévastent l'Europe et atteignent la Vénétie terrestre.

Ils saccagent et détruisent la ville d'Aquilée et forcent les habitants de la terre ferme à se réfugier dans les îles de la lagune, ces îles qui verront ensuite naître la Venise actuelle.

Si les Huns étaient de terribles guerriers, ils étaient par contre de piètres navigateurs et l'eau, l'eau salvatrice entourant Venise, protégea alors efficacement ses habitants et les réfugiés contre les hordes barbares.

C'est cette même eau et un réseau complexe et indétectable pour un non vénitien, de chenaux de navigation, qui protègera de la même manière la Cité de Venise pendant les siècles à venir et jusqu'à sa chute en 1797.

Sécuriser l'Adriatique

Plan de la Ville fortifiée de Candie en Crète
Plan de la Ville fortifiée de Candie en Crète
Mais d'attaquée, Venise commença sa carrière d'État également en tant qu'attaquant.

Un attaquant principalement préoccupé par la sécurisation et l'accroissement de son commerce plutôt que par des conquêtes de territoires.

Cette différenciation dans les mobiles guerriers de Venise d'avec les autres peuples est également ce qui permettra à la Sérénissime de conserver son indépendance pendant plus de mille ans.

Alors que ses voisins proches et lointains ne rêvaient que de conquérir de nouveaux territoires, Venise limitait ses ambitions à quelques ports le long de ses routes maritimes.

Très peu de guerres de conquêtes territoriales

Vue de Candie en Crète - Colonie vénitienne
Vue de Candie en Crète - Colonie vénitienne
L'objectif des principales guerres "territoriales" de Venise, en tout cas pendant très longtemps, était de permettre à ses navires d'accoster en toute sécurité le long des routes maritimes vers l'Orient.

Les premières guerres avec ses voisins proches étaient donc principalement destinées à sécuriser l'Adriatique, axe de vie essentiel pour le commerce vénitien.

Plus tard les choses se compliquèrent avec l'émergence d'un Empire Ottoman qui commença à son tour a savoir "naviguer" aussi bien que Venise en ayant eu l'intelligence d'utiliser les connaissances maritimes des Grecs qui furent les premiers véritables marins de cet Empire.

Préserver son Commerce

La préservation de son commerce et de ses routes maritimes fut également à l'origine de nombreuses guerres avec Gênes, la ville la plus menaçante pour le commerce vénitien.

Forteresse de Spalato - Église Santa Maria Zobenigo à Venise
Forteresse de Spalato - Église Santa Maria Zobenigo
Les Génois étaient en effet également des commerçants et des navigateurs hors pair, capables de rivaliser sans problème avec Venise dans le commerce des épices et soieries d'Orient.

Aussi l'on assistât à de nombreux affrontements particulièrement sanglants entre les deux Républiques concurrentes et ce de façon sporadique pendant plusieurs siècles avec un point culminant en 1379 lorsque Gênes réussit à s'emparer de l'île de Chioggia, juste en face de Venise.

Après un an de siège et d'encerclement de Venise dans la lagune, les Vénitiens réussirent à battre les Génois et en 1381, par la paix de Turin, Gènes reconnaissait à Venise, pour plus d'un siècle, sa prééminence.

Stabilité Politique et Économique

Fort heureusement pour Venise, sa stabilité politique et économique lui permit de faire front aux différentes tentatives guerrières de ce voisin belliqueux.

Le système politique vénitien est à l'origine de cette capacité de résistance de Venise. En effet, Venise était un État parfaitement organisé en temps de paix, mais aussi en temps de guerre.

Les citoyens nobles de Venise participaient également activement à l'effort de guerre en versant des impôts, proportionnels à leur fortune, et cette solidarité, même si elle était en partie forcée, permit à la République de rester forte devant les attaques régulières de ces ennemis.

État parfaitement organisée, Venise réussit à gérer de manière quasi-industrielle ses efforts de guerre en créant des outils pour ce faire et en particulier le fameux Arsenal de Venise, unique en son genre à l'époque dans le monde, une unicité qui fera d'ailleurs que le mot "Arsenal" sera réutilisé tel quel dans plusieurs langues.

Les Croisades

Scène de siège - Église Santa Maria Zobenigo à Venise
Scène de siège - Église Santa Maria Zobenigo
Certes, Venise profitera amplement des Croisades pour étendre son Empire terrestre en profitant des Croisés et en sachant au bon moment soutenir les bons partis.

Les qualités diplomatiques et stratégiques des gouvernants de Venise marqueront d'ailleurs toute l'histoire de la Cité.

De simple "transporteur" de Croisés à l'origine, Venise sut en fait faire payer très cher le prix du transport auxdits croisés en leur permettant de la payer en "conquêtes territoriales".

Et cela ira comme l'on sait jusqu'à la prise de Constantinople !

La Recherche de la Neutralité

Pourtant Venise cherchait avant tout la paix et toute son histoire est faite d'un jeu d'équilibre politique entre elle et les puissances qui l'entouraient.

L'objectif premier de Venise a toujours été son indépendance et non la conquête de nouveaux territoires. En ce sens, elle ne menaçait pas non plus les intérêts de certains voisins beaucoup plus gourmands.

Cette recherche de la neutralité à tout prix s'est en fait à terme révélée très payante en amenant à Venise une stabilité qui manquait à la même époque à ses voisins, qui, pendant qu'ils se déchiraient entre eux, laissaient Venise développer son commerce et consolider certains de ses monopoles commerciaux, une stratégie gagnante qui lui apporta la richesse que l'on connaît.



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