Le Campanile de Saint-Marc

Le Campanile de Saint-Marc à Venise
Le Campanile de Saint-Marc
“Le Patron de la Maison” “El paron de casa”, c'est ainsi que les Vénitiens appellent affectueusement le Campanile de la Place Saint-Marc.

On commença sa construction en 888.

En 1080 il avait atteint le tiers de sa hauteur quand le sol céda sous son poids.

Le Doge Dominique Selvio ordonna sa démolition pour le reconstruire quelques toises plus loin, à l'emplacement actuel.

On ajouta la flèche en 1178 qui, jugée inesthétique, fut remplacée en 1510 par la nouvelle flèche avec ses colonnes de granit, ses marbres orientaux et ses lames de bronze.

En 1513, on hisse l'ange d'or à son sommet et on répand du lait et du vin en signe d'allégresse et en offrande propitiatoire.

Écroulé en 1902

Il résista aux assauts de la foudre et aux tremblements de terre, tout en étant le témoin privilégié de l'Histoire de Venise, jusqu'à ce qu'il s'effondre sur lui-même du haut de ses 98 mètres le 14 juillet 1902 à 10 heures du matin.

Il n'y eu aucune victime, à part le chat du gardien du Campanile.

La Basilique Saint Maric ne subit également heureusement aucun dommage, car les gravats furent stoppés par la “pietra de bando”, la pierre sur laquelle on proclamait les avis.

En fait, la catastrophe avait été prévue par des craquements et des fissures anormales dans les jours qui précédèrent l'écroulement du Campanile de Saint-Marc.

L'écroulement du Campanile de Saint-Marc en 1902
Écroulement du Campanile de Saint-Marc en 1902
De fait, le matin du jour où le campanile s'est écroulé, un périmètre de sécurité avait été mis en place sur la place Saint-Marc pour en interdire l'accès.

Tout le monde avait donc évacué les lieux, y compris le gardien du campanile et son fameux chat qui... se sauva et retourna dans le campanile pour en devenir, quelques heures plus tard, l'unique victime de son écroulement.

Ceci explique aussi comment deux photographes ont réussi à prendre une photo du campanile pendant son écroulement.

Comme vous pouvez le voir sur la photographie ci-contre, on voit que le campanile implose littéralement sur lui-même. Impressionnant ! Attention toutefois, sur cette photographie de l'écroulement du campanile, le “nuage” de poussière a été rajouté par le photographe qui a donc retouché son cliché pour accroître l'effet dramatique.

De nouveau debout dès 1912

Le soir même du désastre, le Conseil Municipal s'est réuni pour décider de reconstruire le Campanile de Saint-Marc où il se trouvait et tel qu'il était. “Com'era, dov'era”, formule qui prendra la force d'un dicton à Venise. “Où il était et tel qu'il était”!!!

On pose la première pierre en avril 1903 pour le reconstruire avec les matériaux de l'ancien.

Le 25 avril 1912, jour le la Saint-Marc, on inaugure le Campanile de Saint-Marc ressuscité.

Le Campanile de Saint-Marc en 1870
Le Campanile de Saint-Marc en 1870
« Je n'avais pas vu Venise depuis le Campanile de la place Saint-Marc reconstruit. Son aspect de neuf lui donne l'air d'un intrus.

L'air d'un géant qui serait venu de l'étranger demander en mariage la basilique et demeurerait là gauche et figé, en costume trop neuf... »
Maurice Barrès. Dix Jours en Italie, 1916.

Au Cœur de La Piazza

« A ce point de rencontre des deux places Saint-Marc, sort de terre et s'élève hardiment vers les cieux le Campanile, ou Clocher de Saint-Marc, isolé de l'église de ce nom par la ligne et la largeur de l'angle droit que forme la réunion de ces deux mêmes places…

Dominant la Piazza de 98 mètres, et dominé lui-même par son toit aigu, que surmonte un ange d'or, ce Campanile semble le phare de Venise, car il en commande tous les édifices.

Carré comme un donjon, il permet d'atteindre sa plateforme par une pente douce qui n'a qu'une seule large marche à chaque angle du mur. »
Driou. Voyage à Venise, 1861.

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