L'île de Murano


Île de Murano le Rio dei Vetrai
Île de Murano le Rio dei Vetrai

La patrie du verre, des plaisirs et des jardins

A peine à 10 minutes de vaporetto de Venise, une promenade sur l'île de Murano est une bonne idée si vous séjournez à Venise.

Aller à Murano donne un avant goût de la lagune de Venise et de ses étendues d'eau somptueuses.

Si l'on visite aujourd'hui l'île de Murano c'est surtout pour ses verreries, qui s'y sont développées intensément après un décret du Sénat de 1201.

Mais Murano était aussi l'île des jardins où l'Arétin ou encore le célèbre imprimeur vénitien, Alduce Manuce, aimait à s'y reposer avec ses amis.

Est-ce à cause la douceur de ses jardins, l'odeur enivrante de ses fleurs de jasmins et ses bosquets d'oranger que Murano est également devenue l'île des plaisirs coquins ?

Nul ne le sait mais toujours est-il que la réputation “légère” de l'île atteignit des sommets au XVIIIe siècle avec ses fameux couvents de nones plus excitées par les plaisirs d'ici bas que par les émotions célestes.

Façade du Palazzo Da Mula à Murano sur le Canale degli Angeli dans la Lagune nord de Venise
Façade du Palazzo Da Mula à Murano
On y trouvait donc non seulement des palais, mais également les fameux casins, dont le célèbre casin de Murano de l'ambassadeur de France, le futur Cardinal de Bernis, où Casanova retrouvait la none M.M et "jouait" avec elle pendant que de Bernis jouissait de leurs ébats en les observant par un judas secret…

Ce que l'on sait moins, c'est que c'est également à Murano que se situe l'une des origines principales des contes de fées, ce sont les fameuses “Plaisantes Nuits” autrement dénommées “Sur la Lune”, contes célèbres de Giovan Francesco Straparola.


Les origines italiennes du conte de fées

Giovan Francesco Straparola publia un recueil de quatorze contes de fées, Le Piacevoli Notti (les Plaisantes Nuits), en deux volumes en 1550 et 1553.

Les Contes de Straparola renferment des énigmes versifiées à connotations érotiques.

Mais ces contes de fées sont aussi une vision assez critique des luttes de pouvoir au sein de la société vénitienne.

Île de Murano à Venise, le Rio dei Vetrai
Île de Murano, le Rio dei Vetrai
L'histoire se passe sur l'île de Murano. L'évêque de Lodi, Ottaviano Maria Sforza, est obligé de fuir Milan avec sa fille, la jolie veuve Lucretia. Ils se réfugient tous deux d'abord à Venise et s'installent ensuite dans un palais sur l'île de Murano.

Là se forme autour d'eux une petite cour composée de dix gracieuses demoiselles, quatre gentilshommes et deux matrones.

Le Carnaval va bientôt se termine et Lucretia propose que, jusqu'au Carême, chacun racontera à son tour une histoire. Soixante quatorze fables seront ainsi contées en treize nuits.

Des clochers comme des tours dans un désert

« Murano et Torcello pointaient leurs clochers comme des tours émergeant d'un désert.

Des oiseaux tournoyaient et des fumées s'enfuyaient vers le Sud.

Encore de longues bandes roussâtres, l'eau lourde et, seuls animateurs de ces espaces, des pieux, pour indiquer des passes, des pieux aux tètes noircies, qui réunis en faisceaux semblaient des serpents se mordant sur la mer. »
Jacques Adelswärd-Fersen - Notre-Dame des Mers Mortes 1902

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