Tintoret Le Miracle de Saint Marc délivrant l'Esclave (4,16m x 5,44m)

Miracle Saint Marc délivrant l'esclave Tintoret
Les formes sont choisies, les draperies étudiées, variées, appropriées aux sujets.
Les attitudes des hommes qui assistent au spectacle sont vives, au-dessus de l'imagination.
On admire celle du Saint qui vole au secours de l'esclave et présente, en quelque manière, la légèreté d'un corps aérien. »
Stendhal - École de peinture de Venise
« Jamais vit-on pareille fougue et pareil succès d'invention !
C'est par cette œuvre surtout que le Tintoret a mérité d'être appelé le Michel-Ange coloriste.

Miracle de Saint Marc délivrant
l'esclave par Tintoret (détail)
Paul Anatole Matthieu - 1901
« Tintoret est le roi des violents. Il a une fougue de composition, une furie de brosse, une audace de raccourcis incroyables, et le Saint Marc peut passer pour une de ses toiles les plus hardies et les plus féroces.
Ce tableau a pour sujet le saint patron de Venise venant à l'aide d'un pauvre esclave qu'un maitre barbare faisait tourmenter et géhenner à cause de l'obstinée dévotion que ce pauvre diable avait à ce saint.
L'esclave est étendu à terre sur une croix entourée de bourreaux affairés, qui font de vains efforts pour l'attacher au bois infâme.
Les clous rebroussent, les maillets se rompent, les haches volent en éclats ; plus miséricordieux que les hommes, les instruments de supplice s'émoussent aux mains des tortionnaires.

Miracle de Saint Marc délivrant l'esclave Tintoret
Cette figure vigoureuse, athlétiquement musclée, de proportion colossale, fendant l'air comme le rocher lancé par une catapulte, produit l'effet le plus singulier.
Le dessin a une telle puissance de jet, que le saint massif se soutient à l'œil et ne tombe pas ; c'est un vrai tour de force.
Ajoutez à cela que la peinture est si montée de ton, si brusque dans ses oppositions de noir et de clair, si vigoureuse dans ses localités, si âpre et turbulente de touche, que les Caravage et les Espagnols les plus farouches, mis à côté, sembleraient de l'eau de rose, et vous aurez une idée de ce tableau qui, malgré ses barbaries, conserve toujours, par ses accessoires, cet aspect architectural, abondant et somptueux, particulier à l'école vénitienne. »
Théophile Gautier - Italia 1855
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