La Basilique Saint Marc à Venise

La basilique Saint Marc la nuit
Un Songe des Mille et une Nuits
“Cette merveille Grecque, romaine et gothique, ce songe des Mille et une Nuits, ce poème plein de vie et de couleur qui chante plutôt la gloire de l'art que la gloire de Dieu.
Dieu, dans sa simplicité de bon père de famille, n'aime pas toutes ces éblouissantes richesses.
La basilique Saint-Marc est une mosquée autant qu'une église.
Jamais on n'a confondu si harmonieusement les styles divers du génie architectural, la suprême élégance des Grecs et le luxe éclatant des Byzantins.

Les mosaïques à fond d'or de Saint Marc
Arsène Houssaye - Voyage à Venise 1850
Elle jette de la poudre aux yeux
“De là nous nous rendons à Saint-Marc. C'est de toutes celles que nous avons vues jusqu'à présent, l'église la plus riche et la plus éclatante. Style flamboyant, luxe oriental dans toute sa splendeur.
Luxe Oriental des mosaïques de Saint Marc
Toutes les couleurs se sont données rendez-vous. Toutes les formes de l'art rivalisent d'élégance.”
Lagenardière - 33 jours en Italie 1899
Le rouge et l'or luttent contre l'ombre
“Deux couleurs, les plus puissantes : le rouge et l'or, luttent contre l'ombre, se diffusent, brassent dans l'air des chatoiements fauves et pourpres, illuminent les ténèbres de reflets inimaginables, noient dans leur splendeur amortie le marbre rouge veiné du pavé, des colonnes, des murs lambrissés de mosaïques, les milliers de facettes d'or qui scintillent sous les voûtes, les portes de bronze, les ciboriums, les chaires et les jubés en dentelle de marbre, le baldaquin du tombeau de Saint-Marc, le fourmillement des figurines barbares incrustées dans les colonnes, l'entassement dans le luxe oriental de la décoration raffinée des âges mystiques.”Pol Anatole Matthieu 1901

La Pala d'Oro de la Basilique Saint Marc
Impuissants à embrasser cette beauté qui nous enveloppe de toute part
“Nous entrons, et dès le porche, le mystère du lieu nous saisit.Est-ce la sensation d'un passé très lointain, vaguement entrevu ?
Est-ce le regard de ces êtres qui nous fixent de toutes les voûtes, — ni statue, ni pointures, — comme perdus dans un mondé qui n'est pas le nôtre ?
Ou bien l'or des mosaïques, richesse insaisissable ? Est-ce ce choeur mystérieux gardé dans l'ombre par une cohorte d'anges ? Est-ce ce rayon de soleil qui vient d'un seul jet plonger dans le sanctuaire, et qui, s'ébattant sur le sol, en trahit les inégalités, les fêlures et affirme la ruine fatale de toute beauté humaine ?
Peut-être, la première impression qui prend en notre esprit une forme définie, est-elle celle de notre insuffisance.

Saint Marc, la procession... des touristes
Cependant des voix s'élèvent dans une chapelle. Une procession s'organise. En grande pompe elle escorte quelque relique. Les cierges s'engouffrent sous le jubé, les vieux prêtres montent péniblement les marches qui donnent accès dans le choeur, et tout rentre dans le silence.
Sous la chaire, un gondolier est à genoux ; son écharpe bleue traîne sur le sol, il prie avec ferveur. Et notre regard va de ces glorieux monuments du passé religieux à cette piété moderne qui se trouve ici chez elle : nous nous demandons par quel étrange lien deux âges si différents peuvent se trouver ainsi réunis, sans contraste trop violent, sans opposition trop marquée.”
Édouard Maury - Aux Portes de l'Orient 1896
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