L'église de Santo Stefano à Venise

Église Santo Stefano, charme et chaleur des coloris
Des arches hardies
“Je traverse le cloître San Stefano, qui m'a paru si grandiose un soir; j'entre dans l'église, du quatorzième siècle, divisée en trois nefs par de doubles colonnes qui soutiennent des arches hardies.Deux beaux bénitiers en forme de coupes, dont les pieds sont formés par des figurines, offrent au visiteur une eau bénite si crasseuse et si noire, qu'on ne saurait y tremper le bout du doigt sans être obligé de le laver après.

Le rio del Santissimo - S Stefano
En sortant de l'église San Stefano, je regarde attentivement le portail, couvert de sculptures.”
Louise Colet - L'Italie des italiens 1862
Un rio passe sous le chœur de l'église !
En profitant de la marée basse, il est possible de passer en gondole sous le cœur de l'église de Santo Stefano.Et on vous le conseille vivement car c'est véritablement impressionnant.
Le rio del Santissimo passe en effet tout droit sous l'église en partant du rio de San Anzolo au Campo du même nom, pour déboucher dans le Grand Canal. Une particularité unique à Venise !

Rio del Santissimo sous S. Stefano côté S Anzolo
Santo Stefano où repose le Doge Francesco Morosini
C'est dans l'église de Santo Stefano qu'a été inhumé, le Péloponnésiaque, le Capitaine Général Da Mar Francesco Morosini, vainqueur des Turcs lors des nombreuses batailles et sièges menés en Grèce et Crète à Candie, Nauplie, Lépante, Coron, Modon, Patras, Corinthe, Argos, Navarin, et la liste en est bien longue.Véritable héros aux yeux des vénitiens, il n'a pas de mal à être élu Doge de Venise le 3 avril 1688, après la mort de son successeur Marcantonio Guistinian.
Il restera doge jusqu'au 6 janvier 1694, date à laquelle il mourut à Nauplie au cours de la nouvelle guerre contre les Turcs déclenchée en 1693.
Un autre fils de Venise, ou plus précisément de Burano, eu droit à des funérailles dans l'église de Santo Stefano : Baldassare Galuppi, célèbre musicien vénitien décédé à Venise le 3 janvier 1785. Lors de ses funérailles, le célèbre castrat Gasparo Pacchiarotti vint chanter en personne pour honorer la mémoire de Galuppi.

Jeux de lumières dans l'église Santo Stefano de Venise
Des chambres sépulcrales
“Nous nous sommes arrêtés à la basilique en ruines (Note e-Venise.com : Heureusement pour nous, ce n'est plus le cas aujourd'hui) de San Stefano, une affaire du cinquième siècle, assez dénuée de sens sans être accompagné par un guide connaissant son histoire.Mais les petites chambres sépulcrales parfaites du Pancratii, découvertes sous l'église, disent leur propre histoire - avec leurs fresques mal éclairées, leur beau cercueil sculpté et la grande plaque sépulcrale.

Nef latérale gauche de l'église Santo Stefano à venise
Henry James - Italian Hours
Un enterrement à la vénitienne à San Stefano
“Nous courons à toute vitesse sur le grand canal pour aller assister, à San Stefano, aux obsèques da baron Galvagna. La cérémonie mortuaire est commencée quand nous arrivons. Le défunt a été un haut fonctionnaire de l'Autriche.Nous trouvons dans l'église le gouverneur de Venise, blême, impatient et comme irrité d'avoir à rendre hommage à un Vénitien; il est entouré d'un détachement de la garnison.

L'intérieur de l'église Santo Stefano à Venise
(Note e-Venise.com : Venise avait été “vendue” par Napoléon aux Autrichiens qui l'occupèrent pendant une grande partie du 19e siècle jusqu'à la formation de l'Italie moderne)
il n'y a là que quelques parents et quelques amis de la famille, parmi lesquels j'aperçois le baron Mulazzani et M. Baschet.
Les prêtres, revêtus de surplis sales, officient machinalement; la bière est recouverte de velours rouge bordé de crépines d'or. Les décorations tudesques du défunt sont placées au-dessus.
On l'emporte bientôt dans la sacristie, puis dans le cloître San Stefano, dont le convoi fait le tour; les cierges, que portent les desservants, projettent leurs lueurs vacillantes sous les arcades sombres.

Détail de la voûte en bois de la nef de Santo Stefano
Le convoi franchit le dédale des petits canaux ; il entre dans le grand canal, où aussitôt quarante gondoles l'entourent; elles sont montées par des gondoliers en livrée et escortent le mort jusqu'à l'îlot du Campo-Santo.
Les nobles Vénitiens qui n'ont pas voulu paraître à l'enterrement s'y sont fait représenter par leurs serviteurs ; ils y ont envoyé leurs gondoles, comme en France on envoie, pour faire cortège aux morts, des voilures de parade.”
Louise Colet - L'Italie des italiens 1862
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