La Regata Storica vue par Félix de Chevrollet à Venise en 1847

Regata Storica Venise, régate de gondoles
Régate de gondoles
« Toutes les gondoles de Venise sont les mêmes : trente pieds de long, quatre de large, terminées en pointe, la proue armée d'un fer à dent de scie, le casin au milieu de la barque, recouvert d'un drap noir, en sorte qu'il est impossible de les distinguer les unes des autres.

Elles quittent rarement cet uniforme, pour les régates, à la fête des gondoliere, par exemple, ainsi que nous l'avons vu l'autre jour.

Toutes étaient découvertes et montraient de ravissants bouquets de femmes.

C'était un spectacle enchanté que toutes ces barques pavoisées, tendues de draperies en soie de toutes couleurs qui se miraient dans l'eau, abritées de voiles brodés d'or ou d'argent qui flottaient à la brise, ou recouvertes de dais en velours éclatants, et entourées de guirlandes de fleurs.

Regata Storica Venise, Cortège sportif
Cortège sportif
Et les gondoliers portaient tous les costumes pittoresques du moyen-âge, les longs pantalons collants, rouges ou partagés en deux couleurs, les justaucorps étroitement lacés au buste, et dessinant souvent d'admirables hommes, et les toques à plumes.

De grands bateaux pompeusement décorés et chargés d'orchestres allaient et venaient au milieu de cette foule grouillante de petites embarcations, promenant leurs vives symphonies italiennes le long du grand canal dont toutes les maisons laissaient pendre par les fenêtres de riches tentures de toutes sortes et de toutes nuances.

Regata Storica Venise, Cortège sportif
Cortège sportif
Et sur les balcons et aux croisées des milliers de tètes échelonnées faisaient rire et babiller tous ces vieux palais étonnés de se retrouver si joyeux et si galamment parés.

Ces régates vénitiennes ne sont pas en elles-mêmes très curieuses.

De petites barques plates, montées par deux rameurs debout, partent ensemble d'un même point et luttent à qui arrivera la première au but.

On couronne les vainqueurs et tout est dit.

La vraie fête est de voir papilloter sur l'eau et sur les murs toutes ces innombrables décorations bariolées, et de regarder réunies, toutes ces piquantes figures italiennes, parmi lesquelles se trouvent tant de physionomies vraiment belles et poétiques. »
Félix de Chevrollet Venise en 1847 – 1848

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