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Guido Reni (1575-1542) Atalante et Hippomène, Les quatre saisons, au musée Capodimonte à Naples


Guido Reni « Atalante et Hippomène »

Peinture - Huile sur Toile (192 x 264 cm) 1620

L'histoire d'Atalante et Hippomène est relatée par Ovide dans ses Métamorphoses (livre X) :

« Il y avait une femme, peut-être en as-tu entendu parler, qui surpassait à la course même des hommes agiles.

Ce qu'on en rapporte n'est pas une fable ; il est exact qu'elle les surpassait tous ; on n'aurait pu dire ce qu'on admirait le plus en elle, la vitesse de ses pieds ou le prestige de sa beauté. »

Guido Reni, Atalante et Hippomène, musée Capodimonte à Naples en Italie
Guido Reni, Atalante et Hippomène
Après avoir vu Atalante courir, Hippomène en tombe fou amoureux ; pour obtenir sa main, il lui propose de courir avec elle, en sachant que s'il perd, il mourra comme tous ceux qui l'ont déjà affrontée, sans succès.

Atalante a relevé le défi d'Hippomène, mais elle est troublée par sa beauté, autant qu’il est tombé amoureux de la sienne.

Selon Ovide, Vénus raconte comment Hippomène s’est adressé à elle avant la course :

«  “Hippomène m'invoque d'une voix inquiète : puisse la déesse de Cythère, je l'en conjure, m'assister dans mon entreprise et protéger la flamme qu'elle m'a mise au cœur ! [...]

Tenant à la main trois pommes d'or que j'avais cueillies et invisible pour tous, sauf pour Hippomène, je l'abordai et lui indiquai ce qu'il devait en faire. [...]

Oh ! Que de fois, pouvant passer la première, elle (Atalante) s'est attardée à regarder le cher visage et ne l'a quitté des yeux qu'à regret !”

Mais la fatigue commence à dessécher la bouche d'Hippomène haletant, et la borne est encore loin ; alors enfin, le descendant de Neptune lance un des trois fruits de mon arbre.

La jeune fille, surprise, attirée par la pomme brillante, se détourne au milieu de sa course et ramasse l'or qui roulait à terre.

Hippomène la dépasse ; les applaudissements font retentir l'enceinte du spectacle.

Atalante, d'un bond rapide, reprend le temps qu'elle a perdu par cet arrêt et, de nouveau, laisse le jeune homme derrière elle ; retardée encore une fois par une seconde pomme lancée devant ses pas, elle le rejoint et le dépasse encore.

Restait à franchir la dernière partie de la carrière : “Voilà le moment de m'assister, s'écrie-t-il, ô déesse à qui je dois ce présent” et sur un côté de l'arène, pour retarder d'autant le retour de son adversaire, il lance obliquement, avec toute la force de sa jeunesse, l'or étincelant.

“La jeune fille sembla se demander si elle irait la prendre : je (Vénus) la forçai à la ramasser ; j'ajoutai à son poids celui de la pomme dont elle s'était emparée et je fis qu'elle eut à la fois contre elle sa charge et le temps perdu” enfin, pour que mon récit ne soit pas encore plus lent que sa course elle-même, la jeune fille fut distancée, le vainqueur épousa celle qui était le prix de la lutte. »
Ovide, Métamorphoses (Livre X)

Guido Reni a saisi ici l'instant où Atalante se hâte de ramasser la deuxième pomme d'or jetée par Hippomène.

Le jeune homme est encore en pleine course, mais Atalante ramasse la pomme d'or dans un mouvement d'une telle vivacité que le voile qui la couvre vole dans l'air.

Un tableau plein de dynamisme, qui fait honneur à l'histoire d'Ovide.

Guido Reni « Les quatre saisons »

Peinture - Huile sur Toile (175 x 230 cm) 1615-1620

Les Heures, ou les Saisons, sont des filles de Zeus et de Thémis.

Elles étaient au nombre de trois : Eunomia, Dicé et Eiréné.

Leurs noms respectifs signifiaient : Discipline, Justice et Paix.

Mais les Athéniens les rebaptisèrent Thallô, Auxô et Carpô, des noms qui évoquaient l'idée de pousser, de croître et de fructifier.

Guido Reni, Les quatre saisons, musée Capodimonte à Naples en Italie
Guido Reni, Les quatre saisons
C'est ainsi que les Saisons devinrent les divinités de la Nature présidant aux cycles de la végétation.

De fait, elles sont souvent représentées par trois jeunes filles tenant à la main des fleurs, ou des plantes.

Thallô, déesse du printemps, Auxô, celle de l’été, et Carpô, celle de l’automne, sont les trois saisons que Guido Reni a voulu représenter dans son tableau.

Ce charmant tableau les présente toutes les trois conversant entre elles dans le salon de la Nature : à gauche, l’automne Carpô est couverte d’un magnifique drapé rouge, avec une grappe de raisins posée à ses pieds ; au milieu, la printanière Thallô couronnée de fleurs, est admirée par les petits cupidons, tandis que l’été Auxô au sommet de sa beauté, est nue et regarde l’enfant qui porte une gerbe de blés mûrs.

Derrière ces trois splendides jeunes femmes, à gauche, le visage triste d’une femme vêtue d’un manteau violet et dont les cheveux sont couverts d’un voile brun : c’est l’hiver séparé du monde vivant.

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