George Sand et la Corte Minelli à Venise


La Corte Minelli, tout près de l'Opéra Théâtre de la Fenice, fut intégrée par George Sand, qui habitait juste à côté, dans son roman Consuelo :

« C'est dans la corte Minelli, près l'église San Fantin, qu'Anzoleto se trouva au moment où les horloges se renvoyaient l'une à l'autre le coup de deux heures après minuit.

Un instinct secret avait conduit ses pas vers la demeure d'une personne dont le nom et l'image ne s'étaient pas présentés à lui depuis le coucher du soleil.

A peine était-il rentré dans cette cour, qu'il entendit une voix douce l'appeler bien bas par les dernières syllabes de son nom ; et, levant la tête, il vit une légère silhouette se dessiner sur une des plus misérables terrasses de l'enceinte.

Un instant après, la porte de cette masure s'ouvrit, et Consuelo en jupe d'indienne, et le corsage enveloppé d'une vieille mante de soie noire qui avait servi jadis de parure à sa mère, vint lui tendre une main, tandis qu'elle posait de l'autre un doigt sur ses lèvres pour lui recommander le silence.

Ils montèrent sur la pointe du pied et à tâtons l'escalier de bois tournant et délabré qui conduisait jusque sur le toit.

Et quand ils furent assis sur la terrasse, ils commencèrent un de ces longs chuchotements entrecoupés de baisers, que chaque nuit on entend murmurer sur les toits, comme des brises mystérieuses, ou comme un babillage d'esprits aériens voltigeant par couples dans la brume autour des cheminées bizarres qui coiffent de leurs nombreux turbans rouges toutes les maisons de Venise. »
George Sand — “Consuelo - La Comtesse de Rudolstadt”


La Corte Minelli, décrite par George Sand dans Consuelo, dans le Sestier de Saint-Marc à Venise.
La Corte Minelli, décrite par George Sand


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