Scuola Grande San Rocco Venise

Piscine Probatique et Dernière Cène de Tintoret


Tintoret : “La Piscine Probatique” à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Tintoret la Piscine Probatique

La Piscine Probatique

(5,33m x 5,29 m)

Cette œuvre illustre une des nombreuses guérisons de malades accomplies par le Christ.

Ici il s'agit de la guérison d'un malade à la piscine de Jérusalem, un jour de sabbat. Jean 5, v. 1-8

Autour du bassin, un grand nombre d'hommes et de femmes à demi nus attendent le bouillonnement de l'eau.

Ils sont prêts à s'y jeter dès qu'elle sera agitée par l'Ange du Seigneur pour être guéris, comme il est dit dans l'Evangile :


“Or il est à Jérusalem, près de la porte des Brebis, une piscine appelée en hébreu Bézatha, qui a cinq portiques.

Sous ceux-ci gisaient une multitude de malades, d'aveugles, de boiteux, de perclus qui attendaient le bouillonnement de l'eau.”

Au premier plan, un homme emporte dans ses bras une sorte de matelas roulé.

Tintoret, détail de “La Piscine Probatique” à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Tintoret la Piscine Probatique - Détail
Il s'agit du paralytique que personne n'aidait à se jeter en premier dans l'eau, afin qu'il puisse guérir lui aussi. Jésus a remarqué sa détresse et lui a dit :

“Lève-toi! Emporte ton grabat et marche.”

Et voici qu'il s'empresse de faire ce que Jésus lui demande.

Derrière cet homme, des femmes. Allongée sur les genoux de sa mère qui sollicite l'aide du Christ, une jeune malade souffre terriblement. Il se penche vers elles, plein de douceur et de bienveillance, et la jeune femme sera guérie !

Tout ceci se déroule à l'ombre d'une treille qui apporte du naturel et de la sérénité à la scène présente.

Mais juste derrière le portique, au fond du tableau, on aperçoit un groupe d'hommes qui observent Jésus : il s'agit des Juifs qui témoigneront contre lui en disant qu'il a transgressé les interdits du Sabbat, qui doit être un jour de repos absolu.

Ce miracle, accompli un jour de Sabbat, fera partie des chefs d'accusation de l'impiété de Jésus, pour le condamner à mort.


Tintoret, “La Dernière Cène” à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Tintoret : la Dernière Cène

La Dernière Cène

(5,38m x 4,87)

Ici Le Tintoret a procédé de la même manière que dans “l'échelle de Jacob” : il a amplifié la perspective pour augmenter considérablement la profondeur de la pièce, où Jésus partage son dernier repas avec ses disciples.

Au premier plan, deux pauvres ayant reçu l'aumône sont assis devant les deux marches de l'entrée.

Le chien reste fidèlement entre ses deux pauvres maîtres tout en surveillant les convives, espérant sans doute qu'on lui donne encore quelque chose à manger.

Derrière eux, un intérieur immense : la grande salle occupée par les convives, suivie d'un escalier qui donne accès à d'autres pièces au fond, où s'activent les domestiques du maître de maison.

La scène du premier plan est plutôt naturelle et réaliste. De même pour les serviteurs qui s'affairent dans les cuisines. Et s'ils paraissent bien empressés, c'est parce qu'il s'agit d'un repas de fête, celui de la Pâque juive.

La lumière pénètre dans l'immense demeure en deux endroits à la fois : par l'entrée au premier plan, et par le fond à droite de l'escalier qui sépare les convives des serviteurs.

Tintoret, détail de “La Dernière Cène” à la Scuola Grande San Rocco à Venise
Tintoret la Dernière Cène - Détail
Entre les deux, le clair obscur de la salle à manger, dont la diagonale de la perspective poussée à l'extrême allonge considérablement la table rectangulaire et la présente de trois quarts.

Ainsi, même si la taille des convives diminue rapidement, nous pouvons bien voir l'attitude de chacun d'entre eux.

A l'extrémité la plus proche le plus grand des apôtres est à genoux, et son vêtement rouge entièrement éclairé souligne son attitude perplexe : Jésus vient d'annoncer que l'un d'eux, ici présents, le trahira !

Les autres s'interrogent, se regardent, et discutent entre eux. Inquiétude, tristesse et consternation… A l'autre extrémité, au fond, Jésus paraît minuscule.

Mais on le reconnaît immédiatement par la lumière intense autour de la tête de celui qui donne le pain en disant : “Ceci est mon corps”.

La Pâque de la Dernière Cène est entièrement nouvelle : elle ne commémore pas seulement le dernier repas avant la libération de l'esclavage en Egypte, et l'Alliance avec Jahvé ; elle annonce la rémission de tous les péchés et le salut par le sacrifice de Jésus, et la Nouvelle Alliance de la foi chrétienne.

Elle ouvre ainsi une nouvelle perspective, qui ne sera pas admise par tout le monde !

La profondeur du mystère de l'Eucharistie est habilement révélée par cette perspective irréelle et surprenante.


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