Samedi 29 Novembre 2008
Campo de le Gate ou Gatte à Venise (8 photos)
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Le Vénitien aime à transformer les mots et noms à sa manière et, si possible, il aime surtout les simplifier. Ajoutez à cela, le temps qui passe, et vous vous retrouvez, quelques siècles plus tard avec un nom qui n'a plus rien à voir avec le nom d'origine.
Le Campo de le Gate, dans le Castello, est un bon exemple de ces dérives vénitiennes du langage.
C'est sur ce Campo, adjacent au jardin de la Commanderie de l'Ordre de Malte, que logeaient les nonces apostoliques, les
légats du pape, et ce jusqu'à ce que le Palazzo Gritti, construit en
1525 et situé près de l'église de San Francesco de la Vigna, fut offert au pape
Pie IV par la République de Venise. Le Palais Gritti devint alors la résidence des nonces apostoliques.
Et donc, du fait de la présence, antérieure à la moitié du
XVIe siècle, par les légats du pape, ce campo prit le nom de Campo de
Legati. Puis, de Campo de Legati, il devint Campo
Deligati... pour devenir par la suite Campo
delle Gatte, puis
de le Gatte et finir par s'appeler aujourd'hui Campo de le
Gate. Ce qui signifie le Campo des... chattes ! On est bien loin des légats du pape !
L'un des habitants du Campo nous a également indiqué que le petit palazzo situé au niveau de la Corte del Cristo, et qui ouvre sur le Campo, servait également de lieu d'accueil... un peu particulier lorsque des honorables étrangers étaient invités par l'Ordre de Malte.
Ce petit palazzo aurait ainsi fait office de “
Casin” pour les délégations d'étrangers lorsqu'ils étaient en visite à Venise.
Plus tard, de
1792 à
1797, c'est sur ce Campo de le Gate qu'habita le Vénitien et poète Ugo Foscolo. Il se trouvait à Bologne lorsque Bonaparte s'empara de Venise. Acquis aux idées humanistes, il retourna alors dans sa ville natale pour devenir secrétaire provisoire du nouveau gouverneur.
Mais le traité de Campoformio et la cession par Napoléon Bonaparte de Venise aux Autrichiens fut une désillusion totale pour Foscolo. Il quitta alors Venise et finit ses jours à Londres.
Hugo Foscolo sur Wikipedia