Camille de Longvilliers Poète à Venise
Un sachet de confetti
Dis papa comment tu fais ?Sous son bonnet pompon blanc, elle ose une poignée, la propulse dans les nuées…
le cri aigu de vainqueur amusée, des yeux ronds subjugués : ils sont à terre, anéantis :
C’était le destin commun de vingt-deux confettis, à Venise, un jeudi après midi.
et tous les deux mètres une grande plongée, un petit saut, un cri aigu,
la tragédie se perpétue.
Quelle idée saugrenue
Quelle idée saugrenue ont-ils eue,Ces vénitiens,
De planter là, démontrer,
Aligner le faste de leurs demeures ?
Masses élevées, face à face
de fierté, fascination
De bois amarrés, d’audace ;
Les mikados balisent, annoncent la couleur
Le gagnant ?
Jeu disséminé en avenue,
Mais ridés, fatigue, affaissés,
Lasse superbe, survie,
S’appuient l’un à l’autre, au rêve fou,
Fragile au souffle, se tenir droit, serrer les coudes,
Parure sans pareille,
Vague à l’âme, voguent les songes
De ces beautés assoupies.
Je vis, je demeure
J’exhibe, je scintille,
Eclaboussé ; je projette ma stature
Impressionne,
Ma puissance imprimée.
Camille de Longvilliers
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